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Conseils de coach

Stéphane Bouthiaux et Siegfried Mazet

Entraîneurs de l’Équipe de France de Biathlon

Le 2 janvier 2014

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Stéphane Bouthiaux et Siegfried Mazet – “Arriver en pleine confiance le jour J”

L’échec, on doit l’avoir à l’esprit. Mais seulement dans un petit coin de la tête… Parce que, bien sûr, on veut gagner !

Les Championnats du Monde de biathlon battent leur plein en Norvège. Retrouvez l’interview de Siegfried Mazet et Stéphane Bouthiaux tournée en amont des JO de Sotchi.

Routine, automatismes… les clés d’un entraînement serein

Plus de quatre ans, maintenant, que les entraîneurs Stéphane Bouthiaux et Siegfried Mazet préparent l’Équipe de France de Biathlon avec une méthode bien rodée, “où tout est calé, où tout est ordonné”, raconte Siegfried Mazet. D’autant que cette méthode a été éprouvée et confirmée chaque saison par de bons championnats du monde.
L’échéance attendue des JO de Sochi ne les a pas incités à changer de cap. “Nous nous sommes appliqués à reproduire ce que nous savons faire, sans chercher à inventer des choses qu’on ne maîtrise pas. Pour moi, ce serait une erreur de modifier notre préparation, un risque de stress”, précise Siegfried Mazet. Encore plus dans cette période de Jeux Olympiques à fort engouement médiatique : “C’est bien, pour l’athlète, de conserver son cadre et ses repères habituels”, ajoute le coach. Quitte à ce qu’une certaine routine s’installe dans le travail : “Routine, automatismes… appelez cela comme vous voudrez”, reprend l’entraîneur Stéphane Bouthiaux.
Avant la course, par exemple, on met toujours en place le même protocole, ce protocole que les athlètes connaissent parfaitement, auquel ils sont rompus… Bien sûr, du stress, il en faut avant une compétition,  mais il ne doit surtout pas venir des entraîneurs !”

Savoir se reposer, le secret de bonnes performances

La préparation physique des athlètes nécessite un savant dosage… Il faut “fatiguer l’organisme sans l’épuiser, et prévoir une phase de repos dont l’athlète ressortira avec une réserve énergétique supérieure à son niveau initial”, indique l’entraîneur Stéphane Bouthiaux.
Ce travail physique, décisif, interdit en effet toute prise de risque. Trois jours avant les championnats du monde 2012 de Ruhpolding en Allemagne, par exemple, le staff de l’Équipe de France n’hésite pas à envoyer au repos total un Martin Fourcade en manque de “jus” aux entraînements. “Pour lui, se retrouver seul dans sa chambre d’hôtel, c’était difficile à accepter. Il nous a fallu trouver les bons mots, le rassurer et lui redonner confiance. Deux cents jours de vie commune par an, forcément on connaît bien les athlètes que l’on coache, sourit Stéphane Bouthiaux. Ça l’a fait d’ailleurs (3 médailles d’or) !” Une décision forte, mais d’autant plus acceptée qu’elle était collégiale entre les coachs : “Le tir, c’est énergivore, rappelle Siegfried Mazet. Lorsque le sportif manque de tonus, l’appui sur la touche est moins bon, le placement de la joue sur la carabine aussi… Pour cette discipline, c’est également bon de faire une pause.”
De toute façon, en cas de divergence de point de vue au sein du binôme d’entraîneurs Mazet-Bouthiaux, hors de question de servir un double-discours, évidemment perturbant pour l’athlète et dangereux pour la suite de la collaboration. “Siegfried et moi, on travaille en étroite collaboration et on échange souvent ensemble car le regard de l’autre est intéressant. Mais, jamais, je ne me permettrais d’intervenir directement avec l’athlète sur la technique du tir ; et idem le concernant, sur le ski”, explique Stéphane Boutiaux. Une communication claire, saine, jamais floue.

Dédramatiser l’enjeu

Les JO sont incontestablement le Graal pour tous les athlètes. “Ils doutent en permanence et il faut donc les préparer mentalement”, précise Stéphane Bouthiaux.
Première préoccupation : les rassurer sur leur potentiel. “Lors de nos échanges, on n’occulte pas leurs points faibles, précise Siegfried Mazet, mais on ne se focalise pas dessus”.
Il est indispensable, aussi, d’anticiper une multitude de scenarii, notamment au tir, où le caractère anxiogène de la discipline, aiguisé parfois par le vent, le brouillard, la pluie, fait qu’il est facile de céder très vite à la panique.
Enfin – et il s’agit sans doute du travail psychologique le plus délicat – combattre le stress négatif en dédramatisant l’enjeu. “Il faut accepter le risque de perdre : on ne va pas mourir parce qu’on a raté les JO !, martèle Siegfried Mazet. Ça s’appelle d’ailleurs Jeux Olympiques… JEUX !”. “Les JO, on en parle très peu, ajoute Stéphane Bouthiaux. Sauf s’il y a bien sûr une demande de l’athlète pour mieux comprendre notre stratégie, nos choix de préparation”.
L’objectif final ? Que l’athlète arrive sûr de ses atouts, en pleine confiance et avec l’envie de réussir, “déterminé à aller se battre !”, conclut Siegfried Mazet.

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Biographie

Stéphane Bouthiaux
Né le 26 mars 1966 à Pontarlier (25)
Biathlète en Équipe de France de 1987 à 1997
Médaillé de bronze mondial en relais en 1990 et 1995
Participation aux JO 1994
Chef de l’Équipe de France masculine depuis 2007

Siegfried Mazet
Né le 10 décembre 1977 à Bourg-de-Péage (26)
Entraîneur au comité de la Drôme
Entraîneur de tir Équipe de France masculine depuis 2007

Palmarès

  • Coachs de l’Équipe de France de Biathlon
  • Champions olympiques 2010 avec Vincent Jay
  • 5 fois champions du Monde avec Martin Fourcade
  • 3 fois vice-champions du Monde de relais
  • 2 fois vainqueur de la coupe du Monde avec Martin Fourcade

Sa devise

“Laissez faire vos automatismes et vous aurez le temps de voir et d'agir.”

Son anecdote

JO de Vancouver, Vincent Jay s’échauffe au stand de tir avant l’épreuve du sprint. Fébrile. "Je ne vais pas y arriver, je suis transi de peur, je pars à l’abattoir”, glisse-t-il, affolé, à Siegfried Mazet. “Écoute Vincent, lui répond calmement son entraîneur, personne n’attend de toi un podium aujourd’hui. Tu n’as qu’une chose à faire : penser à la compétition de demain où tu dois aller chercher une médaille. Là, contente-toi d’attraper le Top 10 pour être bien placé demain…»
“En pensant à la course d’après, il a joué sa carte à fond et est devenu champion olympique”, sourit encore aujourd’hui Mazet.

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