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Conseils de coach

Claude Onesta

Claude Onesta, sélectionneur de l’Équipe de France de Handball

Le 17 mars 2014

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Claude Onesta – “Comment gérer, renouveler…et toujours gagner !”

“J’ai compris, avec le temps, que les choses devaient être partagées… Dans la confiance, le respect et la responsabilisation. “

Construire et entretenir un bien-être

À la tête d’une Équipe de France de Handball qui épingle tous les titres et les plus exceptionnels superlatifs depuis bientôt dix ans, Claude Onesta s’affiche évidemment comme une référence dans le management sportif. Avec, comme pierre angulaire de son travail, la recherche d’harmonie collective. Une obsession chez lui, quitte à combattre cette idée plutôt répandue dans le monde du coaching : la concurrence, un moyen pour tirer les gens vers le haut. “Oui, parce que si cela peut être bénéfique sur le court terme ; à moyen terme, cela va user les individus. À mes yeux, la mise en concurrence ne doit être qu’exceptionnelle. Moi, derrière un titulaire par exemple, je ne mets pas quelqu’un qui va souhaiter son échec, sa blessure, mais un remplaçant qui va pleinement s’investir dans ce rôle-là.” D’où des convocations qui prêtent parfois au débat… notamment chez  “les journalistes” sourit l’intéressé. “Parce que je ne cherche pas à sélectionner les meilleurs joueurs, mais la meilleure équipe ! Si vous vous contentez de faire venir les joueurs les plus performants techniquement, vous faites abstraction des quinze heures de vie sociale à côté de l’entraînement du jour. Or dans un grand tournoi, on est amené à vivre un, voire deux mois ensemble…” Onesta veut, sous sa coupe, des hommes épanouis. Dans son équipe. Dans son staff aussi, dont il vante la diversité des genres, les compétences… pas forcément l’excellence. “Les premiers de la classe (sic) veulent toujours être au tableau d’honneur. Or à mon sens, il est nécessaire que des membres de l’équipe acceptent l’ombre. Amener des gens plus performants risquerait de rompre notre équilibre”. Un équilibre dont il se veut le garant. En éveil permanent donc, prêt à anticiper les problèmes. “Pour voir la route, il ne faut pas être la tête dans le moteur en train de régler le carburateur (sic) ! Alors je vis à côté de mes joueurs, de mes hommes, je déambule, j’observe. Trop souvent les entraîneurs ne se préoccupent que de la dimension technique, stratégique. Moi, j’aime comprendre les gens autrement que parce ce qu’ils me disent…” “Tout compte fait, je ne fais pas grand-chose” ironise celui qui se comparerait volontiers à un chef d’orchestre, “cette personne qui ne joue d’aucun instrument mais sans laquelle, il n’y a point de musique harmonieuse…”.

Parier sur la collaboration

C’est une des lois du très haut-niveau : il n’y a pas de champion sans égo. “Les gens neutres ne réalisent pas de grandes performances, appuie Claude Onesta. L’égo, c’est un carburant et, d’ailleurs, le manager peut s’en servir car plus son joueur affirme des choses, plus il a le devoir aussi de lui prouver…” Mais le patron des “Experts” ne cherche pas pour autant à aiguiser ces caractères déjà bien tranchés. Aux combats de coqs qui menacent –“j’avais des joueurs plus proches de la bagarre que de l’association, au départ”-, il préfère leur parler de “collaboration”. Une notion, Onesta l’avoue, pas forcément très naturelle chez un sportif qui, par essence, se méfie de l’autre. Voilà pourquoi, dans l’intimité du vestiaire, son discours se veut franc, clair, convaincant. “Même si chacun d’entre vous ne pense qu’à lui, la meilleure façon de parvenir à vos fins, d’aller toujours plus loin, est de vous associer aux autres !” Une cohésion qu’il souhaite de tous les instants, dès la mise en place du projet. L’intéressé va même jusqu’à utiliser le terme de “partage”. “Attention, lorsque je dis partage, ce n’est pas s’asseoir autour d’un feu de camp, sortir la guitare et entonner de belles chansons… Mais faire en sorte que les gens aient la sensation de travailler sur un projet qui est devenu le leur. Cela génère plus de motivation, plus d’investissement, plus d’interaction dans le groupe qui se responsabilise. Dans les yeux de son partenaire, le joueur lit l’exigence et sait qu’il ne peut pas prendre un autre chemin.” Une stratégie de management qu’il pousse parfois encore plus loin, avec malice, presque avec vice. Sûr qu’ “une leçon se vit toujours comme une souffrance “. A ses confrères, d’ailleurs, l’Albigeois glisse ce conseil : «les bonnes idées, laissez-les traîner derrière vous… Elles seront récupérées or, les joueurs les défendent, les portent toujours mieux quand ils ont le sentiment que celles-ci viennent d’eux.”

Renouveler très tôt les hommes

Pour s’afficher aujourd’hui comme un des sélectionneurs les plus titrés de tous les temps, Claude Onesta relève depuis des années un sacré défi : changer les individus sans altérer le potentiel du collectif. À l’écouter, sa recette se veut assez simple : intégrer les nouveaux joueurs… avant d’en avoir besoin ! “Sur l’idée du compagnonnage, on cherche à accoutumer les jeunes aux problématiques du haut-niveau en leur apprenant la patience, l’écoute, en leur faisant comprendre qu’ils doivent apporter leur part au groupe, gagner leur légitimité… Et s’ils ont l’intelligence de s’adapter, ils vont bénéficier du savoir des anciens, d’un savoir exceptionnel puisqu’il vient des meilleurs joueurs du monde…Une richesse incroyable, un vrai trésor !” Un trésor que l’on ne saisit pas si facilement ; en tout cas, non sans essuyer les coups de gueule de coach Onesta. “Avec le jeune, je deviens là le vilain “canard” (sic), sans cesse en train de critiquer, d’exiger plus, de demander mieux. Sincèrement, à part “Bonjour”, “Bienvenue”, je ne lui dis pas grand-chose d’agréable. Mais si j’étais gentil, avec quelqu’un qui n’a encore rien prouvé, rien apporté au groupe, je finirais sûrement par agacer les cadres, lesquels seraient alors tentés de faire payer au gamin cette proximité avec le coach. Là, au contraire, ces derniers vont chercher à l’encourager, le conseiller, parfois le récupérer… En fait, on apprend aux anciens à nourrir leurs prédateurs (sourire).” Une des clés de cette histoire à succès qui, lorsque la porte s’ouvre enfin pour ces talents polis, a l’immense mérite de ne pas les placer face “au néant”. “On les a protégés, en leur évitant de se brûler les ailes”, résume Onesta. Une stratégie encore payante lors du dernier Euro, à l’image de Cyril Dumoulin, révélation de la compétition avec Valentin Porte. “Cyril était déjà avec nous lors de la préparation des JO de 2008 à Pékin, souligne Onesta. Alors quand arrive son jour, il connait parfaitement les rouages, sait exactement comment cela marche et prend le relais”. Avec réussite donc. Surtout, sans hasard.

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Biographie

Responsable de l’Équipe de France de handball depuis 2001.
Né le 6 février 1957 à Albi.

Palmarès

  • Champion olympique (2008, 2012)
  • Champion du monde (2009, 2011)
  • Champion d’Europe (2006, 2010, 2014)

Sa devise

“Le dire fait rire.
Le faire fait taire.”

Son anecdote

Portugal, Championnat du monde 2003, première compétition internationale majeure pour Nikola Karabatic. Chez les journalistes français, évidemment, les premiers pas du successeur annoncé de Jackson Richardson aiguisent la curiosité, l’enthousiasme… Mais Claude Onesta se moque de la pression médiatique et condamne, durant toute l’épreuve, l’intéressé au statut de remplaçant. “Les joueurs en place avaient besoin de la lumière prise jusqu’ici par Jackson ; d’autant que sur la fin, ce n’était plus forcément justifié… Vous vouliez que je continue de négliger, de frustrer ceux qui étaient réellement déterminants en titularisant un gamin de 19 ans qui n’avait rien prouvé ? Le système aurait explosé ! Là, j’ai évité que les anciens ne souffrent d’un manque de reconnaissance, de notoriété ; qu’ils n’aillent “tuer” Karabatic aussi…” A l’entraînement, la pépite du Hand a fini par imposer ses qualités, par gagner sa légitimé aux yeux d’un groupe qui lui a alors ouvert les bras. “Ensemble, ils ont construit la suite." Quelle suite !

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