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Conseils de coach

Team Banque Populaire

Armel Le Cléac'h, Skipper Banque Populaire, Ronan Lucas, Directeur du Team et Pierre-Emmanuel Hérissé, Directeur technique du Team

Le 17 octobre 2014

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Team Banque Populaire – “Armel Le Cléac’h – Déléguer sa confiance pour réussir”

“Avant, les skippers portaient seuls l’intégralité des projets. Aujourd’hui, la compétition a pris le dessus sur la notion d’aventure, il faut donc plusieurs intervenants pour gommer au maximum les incertitudes…”

Des rôles parfaitement clairs

C’est la face cachée de la course en solitaire. Derrière l’image captivante et romantique d’un homme seul sur son bateau face aux éléments déchaînés de la mer, il y a… une aventure collective. Derrière le skipper, oui, toute une équipe : le “Team” comme on l’appelle communément dans le milieu de la voile.
Basé à Lorient, celui de Banque Populaire compte une dizaine de personnes, toutes managées par Ronan Lucas. Le Boss. Tout du moins pour la partie terrestre… Parce qu’en mer, là, en revanche, seul le marin commande. “À bord, je suis le chef !”, confirmait Armel Le Cléac’h à l’été 2014, à quelques jours d’abandonner son objectif “Route du Rhum”, suite à une blessure à la main. “C’est moi qui décide des programmes d’entraînement, des orientations en courses…”. “Chacun à sa place”, valide Lucas avec, en fond sonore, le cri de mouettes visiblement enjouées dans le ciel morbihannais. “Jamais, par exemple, je ne me permettrai, en pleine course, de dire à Armel “tu devrais faire ci, plutôt faire ça…”, insiste encore ce marin, pourtant confirmé, mais qui jure ne ressentir “aucune frustration” en voyant le trimaran partir sans lui et “vraiment (s)’ éclater à soigner les relations entre chaque intervenant (skipper, équipe technique, logistique, sponsors…) afin que le skipper ne se concentre que sur la partie sportive”. “Pendant que je travaille ma condition physique à Port-la-Forêt (ndlr, lieu de son centre d’entraînement), observe à ce sujet Le Cléac’h, c’est bien d’être serein et de savoir qu’à Lorient, tout se passe bien, que le bateau sera fin prêt.”
Un bateau dans le hangar, en chantier d’optimisation, sous la responsabilité alors de Pierre-Emmanuel Hérissé… troisième patron du Team en quelque sorte. “Ronan fixe les grands objectifs avec les sponsors et nous (ndlr, ses assistants et lui), nous devons tout mettre en œuvre pour qu’Armel obtienne le résultat escompté”, résume Pierre-Emmanuel. “Il faut savoir déléguer, faire confiance à ceux qui sont meilleurs que vous dans leur domaine de compétence”, martèle Le Cléac’h, lequel ne se considère pas expert “en composite ou en électronique”. L’important reste que les missions de chacun soient bien définies, écrites ; sinon, cela peut devenir compliqué. “On va alors perdre du temps, de l’énergie”…Sans doute la course, au final.

Des responsabilités totalement assumées

Parce que le skipper n’est plus seulement aujourd’hui un aventurier, mais aussi un compétiteur, parce qu’il a autour de lui des hommes qui, à son image, trouvent leur épanouissement dans la gagne, dans les records, parce que les sponsors engagent des moyens financiers toujours plus importants dans des bateaux de plus en plus pointus, de plus en plus high-tech, “nous nous devons, confie Ronan Lucas, d’être tous parfaits dans notre travail pour éliminer les aléas”. Son devoir à lui en tant que directeur du Team Banque Populaire ? “Avoir un coup d’avance pour anticiper”, lance l’intéressé, sans sourciller un instant malgré la difficulté du challenge.
Aux commandes du pôle technique, Pierre-Emmanuel Hérissé assume, lui aussi, l’importance de son rôle dans la réussite du projet. “Ça reste un sport mécanique, rappelle-t-il, où le skipper, souvent seul sur sa machine (sic), est dépendant de la fiabilité du bateau… Si l’un d’entre nous commet une erreur, il y a tout de suite des incidences.” Et le skipper dans tout cela ? Totalement impliqué, concerné, fait comprendre Armel Le Cléac’h. Sur mer…comme sur terre, où ce sportif, réputé  “tenace”, soigne, vélo et course à pied au menu, une condition physique devenue, à ses yeux, “l’avenir de notre sport”. “Je passe seulement 50 % de mon temps à Lorient, mais lorsque je suis à Port-la-Forêt, ils (ndlr, les membres du Team) savent pertinemment que je ne suis pas dans mon canapé devant ma télé ! J’ai parfaitement conscience qu’ils sont à fond derrière moi, que tout seul, je n’y arriverais pas ; en retour, c’est à moi de tout mettre en œuvre pour faire le meilleur résultat. Idem en mer : eux ont énormément bossé pour me livrer un bateau en temps et en heure ; alors, même dans la difficulté, je ne peux pas me permettre de baisser les bras ou d’aller dormir…” “Dans une équipe comme la nôtre, il y a beaucoup d’intervenants, rappelle Lucas. Pour la réussite du projet, il faut donc que tous tirent dans le même sens”. “Chacun en ayant bien à l’esprit en amont, ajoute Hérissé, sa responsabilité une fois la ligne coupée”. Inutile, à l’écouter, d’imaginer toutefois une chasse à la sorcière, en cas d’avarie pendant la course. “Il n’y a jamais d’engueulades, plutôt un sentiment de frustration quand survient la casse d’une pièce. Et cette question surtout : est-ce que le bateau va rester compétitif ?” Toujours ce fameux projet commun…

Des échanges impérativement multiples

Tant pis pour les clichés, mais la caricature du marin “bourru”, presque “sauvage”, en prend un sérieux coup lorsqu’on écoute Armel Le Cléac’h et son Team lever le voile sur la préparation de leurs courses au large ! En tête-à-tête ou par téléphone, les discussions semblent en effet permanentes. Sur les contours du projet d’abord, afin de bien connaître les objectifs, les délais impartis, le budget octroyé aussi. Mais sur les aspects plus techniques surtout, car, comme le rappelle Ronan Lucas, “le choix du bateau ne se fait pas sans l’accord du skipper”. Là, les briefings et débriefings s’enchaînent. Concernant certains réglages, certaines envies pour optimiser le bolide, naviguer devient même “essentiel” lâche Armel, en rappelant l’évidence : “l’eau, ça bouge !” “Avec les techniciens, on privilégie d’ailleurs les sorties en bateau, renchérit Ronan Lucas, car ce qui peut apparaître comme un détail devant l’ordinateur n’en est plus forcément un sur un engin lancé à 40 nœuds et face à des creux de 8 mètres !”. Pour lui, pas question d’accorder la moindre concession à la sécurité, ni même de négliger le confort des skippers sur leur Trimaran… quitte à ce que celui-ci perde un peu de son potentiel ! “La légèreté et la rapidité d’action du bateau ne prévaut pas toujours pour la performance, il faut être à l’aise pour bien naviguer”. “En fait, entre intervenants du Team, appuie son directeur, il faut que chacun soit attentif à l’autre, comprenne ses contraintes… Entre gens passionnés, c’est plus facile aussi.” Ces essais en mer, d’ailleurs, bonifient les relations entre les hommes – “là, on ne peut pas se cacher”, précise Ronan Lucas. Ils les consolident et créent “un plaisir à travailler ensemble”, laisse même entendre Pierre-Emmanuel Hérissé. “À partir du moment où on partage des instants de vie en mer, on ressent beaucoup d’affect, de fraternité, et une fois qu’on touche le port, il y a énormément de facilité à se dire les choses, sans non-dits.” “Comme partout, les moments de tension existent, reconnaît Armel, mais on crève vite l’abcès”. “Et puis, ajoute son directeur technique, sur le bateau, on découvre les bons côtés de l’autre, ses faiblesses aussi, ce qui permet de mieux les anticiper… ” “Or c’est capital, ajoute Ronan, de bien se connaître pour savoir si le skipper va bien quand on l’appelle en course, ou s’il traverse un moment de doute. Même si j’essaie d’être assez effacé quand Armel est en compétition, je lui montre qu’il peut compter sur moi.” Un soutien fondamental pour ce dernier : “j’ai besoin d’avoir des gens autour de moi en qui j’ai confiance, qui ont le recul nécessaire pour me rassurer, me conseiller… pour me permettre de savoir où j’en suis.”

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Biographie

Armel Le Cléac’h, skipper du Team Banque Populaire
Né le 11 mai 1977, à St-Pol-de-Léon (Finistère)

Ronan Lucas, Directeur du Team Banque Populaire

Pierre-Emmanuel Hérissé, Directeur technique du Team Banque Populaire

Palmarès

  • Armel Le Cléac'h est arrivé 2e du Vendée Globe 2012/2013. Il est le détenteur du record de la Route de la Découverte et du record de la distance parcourue en 24 heures en solitaire (682 milles) et également détenteur du record de la Méditerranée en solitaire.
  • Ronan Lucas détient le record du Trophée Jules Verne 2012 
et est le vainqueur du circuit mondial de Match-Racing (avec Bertrand Pacé). Il est également le 
vainqueur du Tour de France à la voile (avec Jean-Pierre Dick)
 et détient trois titres de Champion du Monde ORMA (Classe multicoques 60’).

Sa devise

“Ça part de là ! (On fait table rase des problèmes rencontrés jusque-là et on repart à zéro… à fond !)”

Son anecdote

"Une fissure ? Mais bien sûr… "
Lors de leurs essais en mer, Armel Le Cléac’h et Pierre-Emmanuel Hérissé échappent rarement au coup de fil de Ronan Lucas.
"-Tout se passe bien ?
- Oui… Enfin, on a perdu une quille, on vient aussi de démâter, mais sinon, ça va."
"Ah, ça, sourit Armel, c’est le grand jeu d’Emmanuel : inquiéter Ronan - qui s’auto-définit comme "le plus stressé de la bande" - avec de fausses infos. Seulement un jour, en pleine préparation de la Jacques Vabre, on était bel et bien victime d’une grosse fissure sur le pont de notre monocoque ; là, ce n’était pas une blague ! Pierre-Emmanuel a alors téléphoné à Ronan pour l’avertir qu’on n’était plus très sûrs de pouvoir revenir au port mais, même en pleine nuit, même à 1h du matin, celui-ci ne nous croyait pas… J’ai dû prendre le téléphone pour qu’il nous prenne enfin au sérieux."

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