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Conseils de coach

Vincent Collet

Entraîneur de la SIG Strasbourg et de l’Équipe de France de basket-ball

Le 29 novembre 2017

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Vincent Collet – “Mes 5 clés pour réussir un recrutement”

«Par ses enjeux, sa complexité, ses surprises, le recrutement est une période pleine d’intérêts. Au départ, vous avez un puzzle idéal. Mais chaque signature de joueur modifie, pour des raisons financières, sportives ou humaines, la recherche des pièces suivantes… »

Depuis cinq ans, et même si j’entends toutes les critiques par rapport à nos échecs successifs, il y a tout de même cette satisfaction d’être allés à cinq reprises en finale. Et cette constance a plutôt tendance à valider nos recrutements… Alors bien sûr, on aurait aimé gagner au moins une fois ! Mais ces cinq défaites ne sont probablement pas liées à nos choix d’hommes à l’intersaison ; davantage à ces situations qu’on n’a pas su optimiser aux moments décisifs, fatals.

1-Dresser un état des lieux

C’est évidemment le point de départ de tout recrutement et inutile d’attendre l’intersaison pour enclencher ce travail. Dès le sixième ou septième mois de compétition, on sait ce que l’on a à peu près réussi dans la construction de notre équipe précédente, on mesure également assez bien ce qu’il nous manque pour viser plus haut…et toutes ces données aident à imaginer déjà l’équipe de rêve souhaitée pour la saison suivante. Mais cette projection, et c’est essentiel, se fait aussi en fonction des moyens financiers et objectifs fixés par le club. Là, entre staff et direction, les échanges doivent être clairs, avec ambition mais raison… J’appelle tout cela “faire la juste évaluation” ! 

2-Favoriser la stabilité

Garder les meilleurs de son effectif est souvent synonyme de recrutement réussi, dit-on…et j’avoue partager pleinement cet avis. Même lorsqu’on sort d’une saison compliquée, je trouve judicieux de chercher à identifier « nos » joueurs sur lesquels on peut construire. Oui, garder une base est un gage de sécurité ! Alors c’est vrai, l’équipe aura peut-être une marge de progression moins importante mais lorsqu’on rebat totalement les cartes, vous savez, on se retrouve inévitablement en danger… Et puis, si les nouveaux peinent à s’intégrer, la présence d’anciens à leurs côtés peut s’avérer rassurant : «Ne t’inquiète pas ! Ecoute le coach, on le connaît, ça va bien se passer… » Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut…

3- Cerner les personnalités

Un club de basket en Pro A est une PME dans laquelle chaque recrutement engage le résultat de manière significative. Il s’avère donc capital de définir précisément le profil du joueur ciblé. Sur le plan technique, avec l’aide aujourd’hui d’un solide arsenal vidéo, on a peu de surprises. Au niveau « tempérament » en revanche, c’est plus complexe, plus incertain, alors on prend beaucoup de renseignements auprès d’anciens coachs, d’anciens partenaires… On ne s’arrête pas au simple «it’s a good guy ! » qu’on nous sert aux USA lorsqu’on s’intéresse à un Américain. Et s’ils sont nombreux à signer, on privilégie les joueurs mariés, pères de familles… a priori plus tranquilles.

4-Choisir les bons leaders

Une équipe ambitieuse ne peut jamais faire l’économie d’un leader. Et sur ces joueurs-là, mieux vaut ne pas se tromper dans son recrutement, parce que vu leur prix, vu leur influence envisagée, il faut vraiment qu’ils correspondent à ce que l’on attend d’eux. Toute la difficulté est donc de trouver le gars capable de prendre ses responsabilités en signant l’exploit sur un dernier ballon, mais sans écraser les autres… Leader, c’est aussi être soucieux du rendement des partenaires, afin qu’ils vous acceptent comme tel de manière évidente. A mon sens, pour répondre aux blessures, aux périodes moins fastes, éviter également un duel des ego, l’idéal est d’en avoir trois dans une équipe.

5- Se donner le temps

Construire un collectif, trouver l’alchimie entre anciens et nouveaux, insuffler une mentalité de groupe…tout cela ne se réussit pas d’un coup de baguette magique. Il faut des semaines de travail, de réglages, de l’accompagnement ; d’autant plus si l’effectif a largement été remanié durant l’intersaison. Tant de paramètres entrent en ligne de compte ! Certains joueurs sont timides et ont peur au début de bousculer la hiérarchie de l’équipe ; d’autres se montrent très à l’aise avant de perdre leurs moyens dans les matchs à plus fort enjeu ; il y a également ces gars qui n’ont pas de grandes statistiques, mais dont on finit par s’apercevoir que la présence bonifie le groupe… C’est là qu’on voit toute la qualité de l’environnement du club pour accepter l’éventuel retard à l’allumage.

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Biographie

Né le 6 juin 1963, à Sainte-Adresse (76)
A joué au poste d’arrière au Mans, à Caen, à l’ASVEL et au Havre
A entraîné Le Mans, l’ASVEL et Strasbourg
Sélectionneur de l’équipe de France depuis 2009 avec un titre de champion d’Europe en 2013, une médaille d’argent au Championnat d’Europe en 2011, une de bronze en 2015 et une médaille de bronze à la Coupe du monde 2014.
Élu à quatre reprises “entraîneur de l’année” en France

Palmarès

  • Palmarès en tant que joueur : Champion de France (1982)
  • Palmarès en tant qu’entraîneur : Double champion de France (2006, 2009), double vainqueur de la Coupe de France (2004, 2015) et de la Semaine des AS (2006, 2010)

Sa devise

“Chacun à sa place !”

Mes clés

1- Dresser un état des lieux

2- Favoriser la stabilité

3- Cerner les personnalités

4- Choisir les bons leaders

5- Se donner le temps

Attention aux coups de cœur présidentiels

En période de recrutement, il peut arriver que ce soit le président en personne qui vienne vous conseiller de cibler plus particulièrement tel joueur pour votre prochaine équipe. Un joueur qui vient souvent de briller dans un championnat étranger et pour lequel il a un coup de cœur… Au coach alors, s’il ne juge pas cette signature opportune, de faire preuve d’une franchise totale. De pédagogie, pour expliquer son refus, mais vraiment de fermeté, presque de courage –je pense ici à un entraîneur jeune-. Ce n’est pas le président qui fait jouer l’équipe et celui-ci doit comprendre qu’il ne suffit pas de recruter les meilleurs pour en bâtir une, compétitive.  Après, s’il passe en force malgré l’avis contraire de son coach, c’est une erreur. Bon, s’il vous a proposé Neymar ou LeBron James et que vous refusez, là, ce n’est pas défendable (sourire)… Mais dans un schéma plus classique, le coach doit toujours avoir le dernier mot sur l’aspect technique.

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