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Biathlon

Mes clés pour éviter la lassitude

Stéphane Bouthiaux
Coach de biathlon
Stéphane Bouthiaux – “Mes clés pour éviter la lassitude”
"La préparation de notre saison occupe pratiquement six mois, c’est très long… L’objectif consiste donc à préserver intacte la motivation des athlètes afin d’aller vers un travail spécifique de plus en plus intense à l’approche des compétitions", explique Stéphane Bouthiaux.

À la reprise de l’entraînement en mai, staff, athlètes, nous savons tous ce à quoi nous attendre : du travail, beaucoup de sueur, de la remise en cause, des doutes, des joies aussi. Six longs mois de préparation, d’implication quasi-totale, où l’enthousiasme s’avère une valeur essentielle.

1- Varier les plaisirs

Le biathlon offre cette chance fantastique de pouvoir varier les moyens d’entraînement alors, dans un premier temps, on diversifie au maximum les plaisirs : vélo course, VTT, course à pied, trail en montagne, natation et même kayak pour certains… Faire attaquer, dès le mois de mai, les gars sur des skis à roulettes, c’est prendre le risque de se les voir « balancer » à la figure en septembre ! Mi-octobre en revanche, là, on peut se concentrer exclusivement sur du spécifique, ne plus lâcher les skis… Les gars sentant la saison approcher et l’odeur des dossards, la lassitude menace moins.

2- Surveiller la fatigue

Ma plus grosse crainte dans une avant-saison, c’est le sur-entraînement, générateur de fatigue, de maladies et, pire, de blessures. Certes, l’envie de progresser reste toujours présente, mais elle est aussi réfrénée par la peur d’aller trop loin. Chaque année donc, et en s’appuyant sur un contrôle régulier de la lactatémie, on cherche la limite de ce qui est humainement supportable. À mon avis, on l’a atteinte en août dernier. Dans les discussions avec mes gars, j’ai senti plus de fatigue et certaines maladies ont confirmé un système immunitaire proche du néant. En parallèle, on a constaté un déchet inhabituel aux tirs, preuve d’un épuisement psychologique aussi. Pour ne pas commettre d’erreur, il était vraiment temps de couper en septembre.

3- Pimenter la préparation de challenges

Dans le sport de haut-niveau, les gars ont des égos, s’investissent pour finir devant l’autre, et, dans le staff, on en joue évidemment. Dans les entraînements aux tirs par exemple, Franck Badiou met en place un classement général depuis l’an dernier où, chaque jour, la moyenne de points des intéressés est réactualisée : ces petits challenges créent une vraie ambiance de groupe parce que ça rigole, ça s’agace… c’est vivifiant d’un point de vue mental ! Fin juillet, on leur cale aussi une ou deux compétitions par mois, histoire d’entretenir ce goût de la confrontation, de valider ou non leur récent travail également. En restant six mois sans mettre de dossards, il y a de fortes chances que les athlètes finissent par ne plus savoir pourquoi ils s’entraînent…

4- Favoriser la confiance et l’autonomie

Voilà un domaine sur lequel j’avoue avoir pas mal bossé, m’être souvent documenté : mettre des mots sur ce que l’on demande aux gars ! N’oublions pas qu’un biathlète est, en moyenne dans l’année, un jour sur deux chez lui, seul : il est donc capital qu’il sache le pourquoi de ce qu’il fait pour rester motivé et impliqué. Capital aussi qu’il ressente la confiance de son coach, que celui-ci lui laisse le droit à une certaine autonomie. Si un gars ne « sent » pas l’exercice prévu ce jour-là et prend l’initiative de modifier son programme – avec tout de même un travail cohérent -, je dis « bravo » ! Vous savez, lorsqu’on responsabilise les bonnes personnes aux bons postes, en leur faisant confiance, celles-ci donnent souvent tout ce qu’elles ont pour aller vers le succès.

 

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