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Escrime

Escrime : l’école du sabre de René Geuna

René Geuna, maître d’armes, est un personnage singulier et majeur de l’escrime française. Retour en images sur sa méthode particulière et rencontre avec deux anciens élèves, médaillés olympiques.

René Geuna a fondé en 1973 l’école de sabre de l’Amicale Tarbaise d’Escrime, qui devait devenir le principal vivier du sabre français. Il est aujourd’hui à la retraite et partage son temps entre son camping-car en Crête et sa chère Bigorre. Votre Coach by Groupe BPCE a souhaité rendre hommage et donner la parole à cet entraîneur hors du commun, dont les élèves ont remporté sept médailles olympiques. En effet, la qualité de son enseignement, l’innovation dont il a fait preuve en initiant la leçon collective, une incongruité alors dans la tradition française où le maître d’armes donne des leçons individuelles, et enfin, sa forte personnalité, ont fait de lui un entraîneur respecté dans le monde entier. Nous l’avons rencontré à Toulouse, avec deux de ses anciens élèves, Nicolas Lopez et Damien Touya, tous deux champions olympiques. La complicité et la tendresse, même, entre le maître et ses élèves affleuraient à chaque réponse. Cet homme n’a pas seulement eu une influence majeure sur le parcours sportif de ces grands champions, mais également sur leur manière d’appréhender le monde. Il émanait d’eux une vraie simplicité, un rapport apaisé à l’univers pourtant dur de la compétition. Car la pédagogie de René Geuna, c’est aussi une certaine manière d’envisager la relation entre les hommes : chaque individu dans le groupe, le plus fort comme le moins chevronné, a sa place et joue un rôle. Chaque membre du groupe, qu’il soit champion olympique ou pas, porte sa part de la réussite du collectif. Il a ainsi insufflé chez tous ses élèves ce sens du partage dans ce sport individuel. Et ses élèves sont donc montés au plus haut sommet du sport, mais aucun d’eux n’a oublié cette petite salle d’escrime, au creux des Pyrénées, qui a fait d’eux des champions, certes, mais aussi des hommes de bien.

Damien Touya escrimeur hors pair

Il fut peut-être l’un des plus grands talents de l’escrime française. Champion du monde en individuel en 1999, médaillé olympique de bronze à Athènes, vice-champion olympique par équipe à Sydney en 2000, champion olympique par équipe à Athènes en 2004 ! Damien Touya, c’est un palmarès exceptionnel, mais c’est surtout un escrimeur de génie. Vif, intelligent, instinctif, il déployait une escrime aussi alerte sur la piste qu’il était modeste et réservé en-,dehors. Il gardait une distance en toute chose, mais savait préserver cet esprit festif du club de Tarbes et des sabreurs en général. On se souvient de cet incident épique aux Jeux Olympiques d’Athènes où, en demi-finales, contre l’équipe des États-Unis, il a eu la main droite transpercée par son adversaire, Keeth Smart. Les médecins se sont activés pour lui soigner cette blessure et, main bandée, il est revenu en piste pour emmener au titre olympique l’Équipe de France, où figurait également son frère Gaël. Sa sœur, Anne-Lise, fut également championne olympique individuelle. Tous les trois ont, bien entendu, été formés par… René Geuna.

Nicolas Lopez, un sportif engagé

Le vice-champion olympique de sabre en individuel des Jeux de Pékin en 2008 et champion olympique par équipe est un sportif à part. C’est un homme de conviction qui a, par exemple, refusé les avances financières alléchantes du club Lagardère parce que cette société a la particularité de vendre des armes. Altermondialiste convaincu, Nicolas Lopez a une approche humaniste de la compétition. Il affronte l’autre pour mieux se connaître lui, se grandir, et non pour écraser son adversaire. Il a montré que l’on pouvait ainsi devenir un grand champion dans un sport de combat, tout en restant fidèle à une éthique personnelle pacifiste. Il était ainsi tout à fait à sa place dans le club de Tarbes et sous l’enseignement de René Geuna, qui revendique des valeurs collectives. Aujourd’hui, il est accompagnateur en montagne et vit en accord avec lui-même, c’est-à-dire loin de la frénésie de consommation de la société contemporaine.

 

Retrouvez l’histoire de coaching de Nicolas Lopez.

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