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Basket-ball

Mes 5 clés pour réussir un double projet

Vincent Collet
Coach de basket-ball
Mes 5 clés pour réussir un double projet
Avoir une deuxième casquette amène des contraintes, de la désorganisation et des difficultés à tout niveau. Il est donc nécessaire de bien prendre conscience des changements à venir… pour retirer de cette aventure une vraie satisfaction. Hormis deux parenthèses fin 2010-début 2011 et au cœur de l’année 2016, Vincent Collet mène depuis bientôt dix ans une double vie professionnelle rythmée par ses saisons en club (ASVEL puis SIG Strasbourg) et ses rendez-vous avec les Bleus de l’Équipe de France. Un coach-sélectionneur qui ne compte évidemment pas ses heures…et mise beaucoup sur la qualité de sa relation avec ses employeurs pour réussir : « une relation, insiste-t-il, qui doit être forte, sans faille, car fondamentale. »

1- Savoir ce que l’on recherche

Lorsqu’en 2009, la Fédération me propose le poste de sélectionneur, j’y vois comme un accomplissement. J’avais envie d’aller plus haut et c’était là un chemin de progression qui pouvait peut-être ne plus jamais se représenter à moi. Certes, j’entraînais déjà l’ASVEL à cette époque, mais je ne me sentais de toute façon pas capable de coacher seulement un mois et demi sur douze. Quant aux éventuels sacrifices qu’implique cette double-casquette ? Je ne veux pas employer ce mot car ils font partie de la vie que j’ai choisie et de la chance, aussi, que j’aie d’avoir cette vie-là. Voilà, moi, je souhaitais grandir dans le basket ; d’autres, à côté de leur métier, peuvent simplement être à la recherche de plaisir, dans un club œnologique ou je ne sais quoi… mais il faut viser quelque chose ! La passion détermine souvent notre choix… Reste à savoir jusqu’à quel point nous sommes passionnés et le prix que nous sommes prêts à payer pour vivre à fond cette passion. Car il y a des enjeux. Et ces enjeux, nous seuls devrons les assumer ; personne d’autre.

2- Convaincre son environnement

Avant de m’engager dans ce double-projet, et étant marié, je devais m’assurer que ma femme accepte. En termes d’emploi du temps, une activité supplémentaire complique inévitablement la vie familiale ! D’ailleurs, je conseille de se fixer une règle de durée, afin de faire ensuite un point. Un pacte de confiance en quelque sorte … On se doit aussi d’avoir l’accord de ses employeurs. Notamment, en ce qui me concerne, du club, plus lésé a priori… « A priori » car j’ai justement expliqué au président de la SIG, qu’en sélection, j’allais engranger de l’expérience en me frottant aux meilleurs. À la Fédération, je leur ai aussi dit qu’en restant dix mois sans coacher, on perdait ses réflexes… En fait, je leur ai « vendu » que j’allais être meilleur ! Et je le pensais !!

3- Avoir de l’énergie

À mes yeux, un coach a besoin de « peps » pour réussir : s’il n’en a pas, il ne peut pas en transmettre à ses joueurs, les pousser vers « la gagne » ! Mentalement, histoire de préserver une certaine fraîcheur, il ne faut pas hésiter à s’accorder quelques sas de décompression, comme partager des moments avec les copains, autour d’un bon vin… C’est la force de l’expérience de savoir séparer les choses (sourires). Et puis physiquement, on doit se sentir bien : moi, je cours beaucoup, je bouge. C’est essentiel ! D’ailleurs, avant de se démultiplier, tout le monde devrait se poser cette question : « physiquement, serai-je capable d’assumer ? » Si ce n’est pas le cas, les choses sont faites à moitié et cela engendre de la frustration, chez les gens qui vous accompagnent…et chez vous aussi !

4- Savoir déléguer

Pour parvenir à ses fins lorsqu’on s’engage dans deux missions parallèles, il est capital de s’organiser avec un staff, des partenaires ou des collègues et, à un moment donné, d’accepter que ce ne soit plus toi mais eux qui fassent les choses. Il est primordial, aussi, d’être capable ensuite de revenir dans le projet et de repartir avec ce que les autres ont fait pour toi. Bien sûr, c’est compliqué et sans une confiance réciproque absolue, c’est « mort » ! Mais une fois que ce lien est construit, établi, la délégation devient presque naturelle. Je m’en rends compte en Équipe de France où avec mon staff, incroyable et stable depuis plusieurs saisons, on a forgé un certain état d’esprit qui finit vraiment par donner de la force. Il me décharge de tant de préoccupations que lorsque je suis en club, je suis 100% au club !

5- Être moralement irréprochable

Forcément, parce que nous sommes de facto déjà « en faute » vis-à-vis de l’autre mission quelque part, notre degré d’implication doit être exemplaire. J’ai clairement cette donnée en tête : à chaque fois que mon équipe sera moins bonne, le sujet de la double-casquette reviendra dans le débat. C’est d’ailleurs une motivation supplémentaire pour réussir ! Et puis, comme dans toute relation, il faut de la clarté, de l’honnêteté. À mon président de club, je ne lui dis pas qu’être absent de la préparation estivale n’est pas grave ; juste que ce n’est pas dramatique. À un joueur que je cherche à recruter à Strasbourg, je ne lui laisse pas entendre qu’en me rejoignant, il aura plus de chances d’évoluer en Bleu. Je n’avais d’ailleurs pas assez mesuré cette pression, ces doutes sur mon intégrité. C’est fatigant car je sais comment j’opère. Ma règle n°1 : ne jamais mélanger les choses !

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