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Performance

Dopage dans le sport : cinq raisons majeures de maintenir son interdiction

Dans le débat public, un certain courant s’exprime en faveur d’une libéralisation du dopage dans le sport. Lutter contre cette pratique s’avère pourtant essentiel. Voici pourquoi en 5 raisons.

1) Pour l’essence du sport

Le sport repose sur un postulat simple et universel qui vaut pour toutes les disciplines et qui fonde l’essence même de la compétition sportive : au départ, chacun dispose des mêmes chances. Et c’est pour cela et uniquement pour cela que le sport connaît un tel engouement. Les hommes et les femmes s’affrontent en fonction de leurs capacités personnelles ou collectives. Au début, chaque concurrent n’a de capital que lui-même : ses qualités, ses défauts, ses heures d’entraînement, son courage, sa coordination, son vécu … Chaque élément, le sportif ne le tire que de sa personne. Le sport est le résultat d’une confrontation des capacités intrinsèques de chacun. Et c’est ce qui en fait toute la beauté. Dès lors que l’on modifie cet équilibre avec un apport exogène, dès qu’un individu s’aide d’un élément extérieur dont ne disposent pas les autres concurrents, tout s’écroule. Le postulat de base n’existe plus. La compétition se retrouve nulle et perd son intérêt premier.

2) Pour le respect de l’autre

Se présenter à une compétition, c’est affronter des concurrents, se mesurer à eux et tenter de les battre à armes égales, en disposant des mêmes moyens. Respecter son adversaire, c’est le reconnaître comme son égal. Seule la compétition livrera son verdict et départagera les concurrents en fonction de leur prestation. C’est de là que provient également la fierté d’avoir gagné « honnêtement ». Si un produit dopant a augmenté artificiellement vos capacités, il n’y a pas de bravoure ni de mérite à devancer les autres concurrents. Et cela montre surtout un manque de respect à leur égard.

3) Pour le respect de soi

La pratique du sport permet de ressentir plaisir et bien-être, mais aussi de développer son intérêt pour le jeu et la compétition. Celle-ci permet de tester ses limites, sa capacité à endurer l’effort, son courage, sa détermination. C’est une façon d’apprendre à se connaître. Mais si l’on a pris des produits dopants facilitant les efforts et permettant de franchir des obstacles plus aisément, on ne se situe plus dans cette démarche « socratique » de la connaissance de soi. On n’apprendra rien sur soi en se dopant. Sinon sa capacité à tricher !

4) Pour l’intérêt du sport

Les « années Lance Armstrong » montrent avec force que le sport perd tout son intérêt avec l’utilisation du dopage. Le Tour de France n’a jamais été aussi ennuyeux que lorsque l’Américain exerçait sa domination sur la Grande Boucle, fort de son recours massif aux produits dopants. La victoire lui était acquise avant le départ. Tout suspense était mort. Ce qui attire les supporters devant leur télé ou dans les stades, c’est le challenge à venir, l’incertitude du résultat. Les partisans de la libéralisation du dopage avancent l’idée que cette égalité sera préservée, puisque tout le monde aura accès au dopage ; cet argument est pourtant totalement vicié. En effet, l’utilisation de produits dopants est une activité onéreuse, qui nécessite un contrôle médical rigoureux pour que ce soit efficace. Ainsi, les meilleurs sportifs seront ceux qui disposent de la meilleure équipe médicale, et non les plus compétents ou les mieux entraînés. Voilà une nouvelle façon de montrer que le sport sera complètement dévoyé.

5) Pour sa santé

Ce point est souvent brandi en premier pour défendre la lutte contre le dopage. La mort de Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux le 13 juillet 1967 a souvent été présentée comme le meilleur argument anti-dopage. Mais cet argument a peu de poids auprès de jeunes gens venant de pays où le sport constitue l’un des rares ascenseurs sociaux. Malheureusement, peu d’enquêtes épidémiologiques sont disponibles sur les effets à long terme du dopage sur des sportifs. Et pour cause : ceux-là s’en vantent rarement. Certaines études indirectes indiquent qu’à la fin des années 90, un taux élevé de joueurs du Calcio était touché par la «maladie de Charcot». En 1998, 51 cas de sclérose latérale amyotrophique (SLA) avaient été dénombrés depuis 1980 et 48 joueurs étaient déjà morts. Il a aussi été constaté un nombre élevé de décès prématurés parmi l’équipe sud-africaine de rugby championne du monde en 1995. Dans les deux cas, la prise de produits dopants est suspectée. Ca n’est pas sans rappeler les taux de mortalité très précoces de certains champions de sports américains. Les produits dopants n’étaient pas contrôlés pendant longtemps dans ce pays. Les médecins ont ensuite identifié les conséquences sur la santé de chaque produit dopant. Risque de mort subite avec l’EPO, interruption de croissance chez l’adolescent par soudure préventive des cartilages de conjugaison ou toxicité hépatique avec possibilité de cancer du foie avec les anabolisants, diabète irréversible à long terme avec les hormones de croissance, troubles cardiaques et psychiques pour les amphétamines … Une liste alarmante. Il paraît évident que pour ces raisons de santé publique, les autorités publiques ne pourront jamais autoriser une libéralisation du dopage.

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