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Jeux Olympiques

#2 – Mohamed Ali et les Jeux Olympiques

31/07/2019
Mohamed Ali est certainement le plus grand boxeur de tous les temps. Son extraordinaire carrière a commencé aux Jeux Olympiques… Et s’y est achevée.

Le vol de vélo et le premier coach

Lorsque l’équipe des États-Unis arrive à Rome en cet été 1960, il s’appelle encore Cassius Clay. Son « nom d’esclave » comme il le qualifiait. Il a dix-huit ans et a dominé les fameux Golden Gloves, cette compétition qui rassemble tous les vainqueurs des compétitions locales des États-Unis. Le jeune Cassius Clay est venu à la boxe par une histoire de vélo volé. Il a 12 ans quand un jour, à Louisville, où il habite avec ses parents, il se fait chaparder son vélo par un autre gamin. Il croise alors un policier à qui il explique comment il va rosser son voleur. Le policier, dont le nom appartient désormais à l’Histoire de la boxe, Joe Elsby Martin, lui conseille de se rendre d’abord dans un club de boxe. Le petit Cassius écoute ce précieux conseil et va prendre ses premiers cours de boxe auprès de… Joe Martin. Son premier coach donc, celui finalement grâce à qui il deviendra « the Greatest ».

C’est ainsi que quelques années plus tard, après cette rencontre de hasard, Cassius Clay se retrouve aux Jeux Olympiques qu’il va survoler de toute sa classe. Il remporte facilement ses trois combats jusqu’à la finale où il doit affronter en mi-lourd Zbigniew Pietrzykowski. On pense que ce gaucher Polonais de 26 ans, qui avait été médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Melbourne quatre ans auparavant et surtout sacré trois fois champion d’Europe, va facilement dominer ce « gamin ». Le style de l’Américain n’est pas encore abouti mais il a déjà cette facilité de déplacement, ce jeu de jambes inouï, ce sens de l’esquive et cette grâce sur le ring.

Le vieil homme et la flamme

Mais c’est Cassius Clay qui l’emporte au terme des trois rounds, sans démonstration excessive après sa victoire. Ce n’est pas encore un show man. On lui remet sa médaille d’or sur le ring, une médaille qui appartient à la légende Mohamed Ali. Il s’est dit en effet qu’au retour des Jeux Olympiques, alors qu’il se présentait dans un restaurant de sa ville, on lui en a refusé l’accès en raison de sa couleur de peau. De rage, Cassius Clay a jeté sa médaille d’or dans la rivière Ohio qui coule à deux pas. On ne sait si l’histoire est tout à fait exacte. Néanmoins, le président du CIO Juan Antonio Samaranch, lui remettra à nouveau cette médaille des Jeux Olympiques de Rome, le 3 août 1996, à l’occasion de la finale de basket des Jeux Olympiques d’Atlanta entre la Dream team des États-Unis et celle de Yougoslavie. Quelques jours auparavant, celui qui était désormais Mohamed Ali, avait allumé la flamme d’une main tremblante en raison de sa maladie de Parkinson.

Cette image restera comme l’une des plus émouvantes de l’histoire des cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques. Une dernière fois, ce génie absolu de la boxe marquera de sa présence les Jeux Olympiques. Ce fut à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en juillet 2012 lorsque l’on a fait entrer dans le stade le drapeau olympique tenu par des grands athlètes, notamment l’Ethiopien Hailé Gebreselassié. Ces derniers se sont arrêtés devant un homme très affaibli assis sur un fauteuil roulant. Mohamed Ali a trouvé alors la force de se lever et se joindre aux autres pour porter une dernière fois ce drapeau, l’emblème des Jeux Olympiques. Une immense et émouvante acclamation est montée des tribunes pour saluer l’homme et le symbole.

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