Afin de mieux vous servir et d’améliorer l’expérience utilisateur sur notre site, nous mesurons son audience grâce à des solutions utilisant la technologie des cookies. Les données collectées permettent de fournir uniquement des données statistiques anonymes de fréquentation. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Si vous souhaitez en savoir plus ou refuser les cookies et les paramétrer, cliquez ici.

X
Jeux Olympiques

#7 – Les sœurs en or

07/01/2020
Christine et Marielle Goitschel ont été les reines des Jeux Olympiques d'Innsbruck en 1964. Un duo contrasté et complémentaire qui a régné sur le ski féminin des années 60.

L’une introvertie, l’autre extravertie

L’une se montrait aussi discrète que l’autre s’affichait volubile. Mais sur les skis, les sœurs Goitschel étaient unies par le talent. Elles ont marqué le sport français des années 60 comme les sœurs Dorléac ont marqué le cinéma de cette même décennie avant qu’un terrible drame ne les sépare. Christine et Marielle ne sont pourtant pas issues d’une famille de skieurs. Leur père, Robert, fut un excellent footballeur qui évolua à Nice et à l’OM. La famille compte cinq enfants : deux garçons, Claude et Jacques, et trois filles : l’aînée Christine née en 1944, Marielle, née un an plus tard et Patricia née en 1947 et qui sera aussi une excellente skieuse avec un titre de championne de France junior de slalom. Mais ce sont ses deux sœurs ainées qui vont marquer l’histoire du ski français. Elles intègrent presque en même temps l’Équipe de France de ski alpin. Christine, timide, réservée, devient championne de France de slalom en 1962 tandis que sa cadette, qui n’a pas sa langue dans sa poche crée l’exploit en devenant championne du monde du combiné à 17 ans à Chamonix et en remportant la médaille d’argent du slalom. Mais c’est deux ans plus tard, lors des Jeux olympiques d’Innsbruck que les sœurs Goitschel vont entrer dans la légende.

Le chef d’œuvre fraternel d’Innsbruck

Le 1er février 1964 reste aujourd’hui encore l’une des grandes dates du ski français. C’est le jour de l’épreuve de slalom sur le site d’Axamer Lizum. Marielle Goitschel s’élance la première dans la pente. Avec son punch naturel, elle signe un chrono de 43’’08 qui met tout de suite la pression sur ses concurrentes. Aucune d’elles ne parvient à se rapprocher de la skieuse de Val d’Isère. Aucune, sauf la concurrente qui porte le dossard n°14 et qui n’est autre que sa propre sœur, Christine, qui parvient à limiter l’écart et termine 2e de cette première manche en 43’’85.
La seconde manche est plus longue. Cette fois, c’est Christine qui sort une manche exceptionnelle en 46’’01. Marielle s’élance en dernier mais ne parvient pas à préserver son avance de la première manche et concède 1’’67 à sa sœur qui devient championne olympique. C’est historique. Jamais deux sœurs n’ont remporté les deux premières places aux Jeux Olympiques d’Hiver. Marielle Goitschel avouera que ce fut la plus belle émotion de sa carrière. Pourtant, deux jours plus tard, c’est elle qui va monter sur la plus haute marche du podium lors du slalom géant.
Celui-ci ne compte qu’une manche à l’époque. Sur ce même site d’Axamer Lizum, les sœurs Goitschel vont à nouveau dominer la course. Christine part en 3e position et signe aussitôt le meilleur temps en 1’53’’11. Ce chrono sera égalé par l’Américaine Jean Saubert qui avait terminé 3e du slalom. Cette fois, les rôles sont inversés. Marielle part avec le dossard 14 et délivre une manche aérienne pour un chrono époustouflant de 1’52’’24. C’est un nouveau doublé olympique pour les sœurs Goitschel, un exploit qui, à ce jour, n’a jamais été égalé. Le président de la République Charles de Gaulle félicitera chaleureusement les deux skieuses de Val-d’Isère. Une station que les sœurs Goitschel quitteront après leur carrière pour participer à la fondation de celle de Val Thorens.
Mais avant cela, Marielle poursuivra une trajectoire exceptionnelle. En réalisant presque le grand Chelem en 1966 lors des championnats du monde au Chili à Portillo puisqu’elle remporte la médaille d’or en géant, en combiné et en descente et la médaille d’argent en slalom. À noter que cette année-là, les Françaises avaient remporté toutes les épreuves puisque c’est Annie Famose qui gagna le slalom. Enfin, Marielle devait parachever en France cet extraordinaire palmarès olympique avec la médaille d’or en slalom lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Un titre remporté par sa sœur quatre ans auparavant. Marielle Goitschel, désormais grand-mère, qui a souvent défrayé la chronique par des interviews chocs, coule une paisible retraite en Corse tandis que Christine, grand-mère également, est restée à Val Thorens. En toute discrétion.

S’abonner à la newsletter