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Equitation

Équitation : Thierry Pomel, « la qualification pour les Jeux Olympiques est une période stressante »

24/06/2019
L’entraîneur national de saut d’obstacles fait le point sur la saison de l’Équipe de France.

Thierry Pomel, qui était l’adjoint de Philippe Guerdat, a pris sa succession en janvier dernier à la tête de l’Équipe de France de saut d’obstacles. Un lourd héritage puisque l’Équipe de France est championne olympique en titre. Justement, la période de qualification olympique s’est ouverte avec les premières épreuves de Coupe des Nations, dont la finale aura lieu cet été après les Championnats d’Europe. Une période cruciale pour le sélectionneur qui fait le point pour Votre Coach by Groupe BPCE.

Les Jeux Olympiques sont dans un an. Pouvez-vous nous expliquer les conditions de qualification pour l’Équipe de France ?

Une première possibilité de se qualifier pour les Jeux Olympiques se jouera lors des prochains Championnats d’Europe à Rotterdam fin août. Il s’agira pour nous de terminer parmi les trois premières équipes en dehors des équipes déjà qualifiées pour l’Europe qui sont la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. Nos adversaires seront alors l’Irlande, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Nous aurons ensuite une autre possibilité le dernier week-end de septembre à Barcelone, pour la finale de la Coupe des Nations. Il y aura là une place pour les équipes pas encore qualifiées.

Est-ce une période stressante pour le sélectionneur ?

Oui c’est une situation très stressante. Surtout quand on connaît l’importance d’une participation aux Jeux Olympiques pour notre discipline et pour notre fédération. J’ai pris mes fonctions au mois de janvier dernier. L’avantage, c’est que je travaillais comme adjoint des sélectionneurs depuis huit ans… Bien sûr, c’eut été plus simple si j’avais hérité d’une équipe déjà qualifiée, mais je connaissais la situation. Mon premier objectif était de construire la meilleure équipe possible afin de se qualifier pour la finale de la Coupe des Nations. Nous sommes bien partis.

La particularité du coach national en équitation, c’est que vous n’entraînez pas, contrairement aux sélectionneurs des autres disciplines…

En effet, je n’entraîne pas. On a une organisation avec Sophie Dubourg qui est la DTN et qui supervise l’ensemble. Je suis le sélectionneur, il y a un sélectionneur adjoint du CSO qui couvre les différents événements et un entraîneur, le Néerlandais Henk Nooren. Nous travaillons tous en harmonie et échangeons beaucoup.

Moi, j’observe énormément. J’échange sur ce que je vois et je projette sur ce qui me convient ou non. Pour ensuite faire sortir les choses positives…

L’autre particularité, c’est que vous devez apporter une double expertise puisqu’il faut juger à la fois les chevaux et les cavaliers…

C’est en effet du raisonnement sur des couples cavaliers-chevaux. Vous pouvez avoir le meilleur cavalier possible, s’il n’a pas le bon cheval, il n’aura pas de bons résultats… Or on se trouve actuellement dans une période de renouvellement générationnel. On a eu le point d’orgue des Jeux Olympiques de Rio où nous disposions de couples aguerris, très expérimentés. Mais les chevaux médaillés sont partis en retraite… Les cavaliers sont toujours là mais ils renouvellent leurs chevaux et préparent de nouveaux piquets. On est donc dans cette phase où l’on relance de nouveaux couples. Je dois les tester pour reformer une équipe forte. Pour cela, ce qui est primordial pour moi, c’est l’état d’esprit dans l’équipe, l’ambiance, les échanges entre les cavaliers, entre les cavaliers et le staff ainsi qu’avec les propriétaires. C’est toute une alchimie qu’il convient d’établir pour forger un noyau solide.

Quelle est la ligne directrice dans la sélection ?

C’est la régularité. L’exploit est toujours appréciable mais pour disputer un grand championnat, une qualification puis une médaille, c’est la régularité dans la performance qui importe. Il faut avoir au moins deux piliers qui disposent de cette marge : lorsqu’ils rentrent en piste, on sait qu’ils feront au maximum une faute. Nous sommes dans cette construction.

L’Équipe de France est championne olympique en titre, c’est une responsabilité pour vous…

Quand on prend cette mission, il ne faut pas vouloir se cacher derrière une feuille d’arbre. On connaît les enjeux, il faut prendre ses responsabilités… C’est une mission que j’assume avec engagement et passion. Je vis pour cela… De toute façon, nous, les sélectionneurs, sommes de passage. Mes prédécesseurs ont eu de bons résultats, je crois en nos capacités, on est un pays de cavaliers.

Nous sommes un pays de cavaliers mais pas forcément avec une culture d’équitation, malgré le nombre important de licenciés à la Fédération. C’est le paradoxe…

C’est vrai. Il y a aussi des raisons économiques, les propriétaires de chevaux sont moins soutenus. Par exemple, ils ne peuvent pas défiscaliser leurs investissements contrairement à d’autres pays. Et puis le niveau du jumping a énormément monté. Il y a des nations qui émergent, qui mettent des moyens. Nous, on compte sur notre collectif…

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