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Handball

Handball : Monsieur Krumbholz !

18/12/2018
S.PILLAUD /FFHB
L’Équipe de France féminine de handball dirigée par Olivier Krumbholz est devenue Championne d’Europe. Un exploit majeur pour le coach.

Un coach, une équipe

Elles l’ont fait ! Bien sûr, l’honneur d’un titre revient d’abord à ceux et celles qui l’ont arraché sur le terrain. C’est donc aux joueuses qu’il faut rendre hommage en premier. Mais en sports collectifs, il faut toujours associer l’entraîneur à ce type d’exploit. D’autant que le poids du coach Olivier Krumbholz sur cette équipe est particulièrement significatif. D’ailleurs, alors qu’elles se trouvaient dans l’émotion absolue, les joueuses ont trouvé la lucidité, juste à l’issue du match, de rendre hommage à leur coach. C’est également elles qui avaient demandé à ce que ce soit lui qui revienne lorsque l’entraîneur Alain Portes avait été écarté de l’Équipe de France. Et Olivier Krumbholz est revenu. Différent. Il a eu l’intelligence d’évoluer. Les joueuses avaient changé par rapport à la période où il les avait emmenées du tréfonds du handball mondial jusqu’au titre de Championnes du Monde en 2003. Plus matures, plus professionnelles, il n’avait plus besoin d’être ce coach dirigiste qu’il était auparavant. Il a mis en place un coaching participatif, comme on a pu le voir lors du dernier temps mort de cette finale lorsqu’il a laissé Alexandra Lacrabère donner la consigne pour la dernière action.
Mais il ne faut pas s’y tromper, même si Olivier Krumbholz fait énormément participer les joueuses au processus de décision, au final il demeure le patron. Celui qui trace les grandes lignes du projet Équipe de France. Et qui construit cette équipe. D’ailleurs, le collectif évolue au gré des compétitions mais le succès demeure. Sur les trois dernières années, l’Équipe de France de handball a obtenu une médaille d’argent aux Jeux Olympiques (2016), un titre de Championnes du Monde (2017) et enfin le titre de Championnes d’Europe conquis de haute lutte face à la Russie (24-21) dans la chaleur de Bercy.

Le coach Olivier Krumbholz gagne son match contre Ievgueni Trefilov

Tout de suite, on a vu la différence de personnalité entre les deux coachs durant cette première mi-temps intense, serrée, sans oxygène. Sur le bord de touche, le mythique coach russe Ievgueni Trefilov, 63 ans, était fidèle à lui-même, éruptif sur chaque action. Olivier Krumbholz, 60 ans, se montrait plus calme mais néanmoins tendu, attentif et précis sur chacune de ses interventions durant les temps morts. À la mi-temps, le coach français a resserré les boulons en défense. Les Russes passaient trop facilement en première mi-temps, ce ne sera plus le cas ensuite. Olivier Krumbholz a su très intelligemment utiliser le carton rouge d’Allison Pineau pour faire en sorte que cela cimente l’équipe au lieu de la désintégrer. À 17-15, alors qu’il reste quelques secondes de possession de balle aux Françaises, le coach demande le temps mort. Ce peut être un moment décisif pour le sort du match. Il le sait et s’impose, alors que souvent il laisse les leaders s’exprimer : « Laissez-moi parler : tu donnes et tu te décales. » Olivier Krumbholz définit une combinaison sur le coup franc à venir. Les joueuses ne l’exécutent pas et perdent la balle. Le coach garde son calme. Il se projette tout de suite dans l’action à venir. À l’inverse de Ievgueni Trefilov qui se montre continuellement en rage contre ses joueuses, Olivier Krumbholz continue de les encourager même quand elles commettent des erreurs. Le coach russe dispose de joueuses exceptionnelles, c’est un immense entraîneur mais qui continue de fonctionner avec le modèle de management qui sévissait durant l’époque soviétique. Contrairement à Olivier Krumbholz, il n’évolue pas. Là encore, ce sont les joueuses qui sont allées chercher la victoire, mais dans sa fonction, le coach français a remporté son match face à la légende Ievgueni Trefilov. Olivier Krumbholz a ainsi remporté la 10e médaille internationale de sa carrière. Et surtout qualifié l’Équipe de France pour les Jeux Olympiques de Tokyo dans deux ans. Où l’Histoire l’attend.

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