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Biathlon

JO 2018 : pas le temps de savourer la victoire

22/02/2018

La Marseillaise vient de résonner dans le Club France. Chaque athlète du relais mixte fraîchement sacré champion olympique a pris la parole. Séquence émotion. Le fond des yeux brille encore. Il est déjà tard à PyeongChang. Alors que le barman s’avance pour proposer deux coupes de champagne à Marie Dorin-Habert et Anaïs Bescond, l’entraîneur du groupe filles, Julien Robert, les interpelle : « Demain, on se réunit à 14h pour préparer le relais. Vous faites vélo, massage et vous dormez bien. » La scène a duré 30 secondes avant que les héroïnes du soir ne soient à nouveau happées par la foule.

Entre deux acclamations, Julien a fait passer son message. Il reste une course à disputer. Et une médaille à aller chercher, avec les autres filles qui n’ont pas encore connu le goût de la breloque et des célébrations. A l’autre bout de la salle, Stéphane Bouthiaux, l’entraîneur des hommes, est vraiment déçu. Le prochain entraînement est programmé en même temps que la cérémonie de remise des médailles. Pour la quatrième fois, il ne pourra rejoindre les autres membres du staff sur la place des médailles pour savourer les exploits de ses protégés.

C’est la même histoire depuis le début des Jeux. Lors des épreuves individuelles, quand un athlète réussit, il y en a trois autres qu’il faut rassurer et deux remplaçants à garder sous tension. Tout le monde doit rester impliqué, surtout quand les JO se terminent par les épreuves par équipes, comme au biathlon.

Au skicross, l’ascenseur émotionnel est encore plus fort pour les entraîneurs. La scène se passe au Phoenix Park, au moment des phases finales des hommes. Brady Leman vient d’apporter au Canada une 21e médaille, la neuvième en or. On imagine le staff exulter dans l’aire d’arrivée. Enfin le titre olympique pour celui qui avait terminé 4e de la finale à Sochi, derrière le triplé français. Sauf que l’entraîneur a une autre urgence à traiter. Christopher Del Bosco, un de ses quatre athlètes en lice, a été évacué sur une civière après une chute terrible lors du quart de finale. On apprendra quelques minutes après la finale qu’il s’est fracturé le bassin…

Pour les coachs, il est difficile de profiter pleinement d’une médaille olympique. Il y a toujours un autre athlète, un autre objectif, un autre dossier qui devient prioritaire. L’instant de plaisir est fugace, mais il peut être intense. Lundi soir au Club France, Stéphane Bouthiaux a fini par se détendre, une fois ses quatre athlètes passés en mode express devant la presse, puis rentrés au village olympique. Il est tard à PyeongChang. Le repère de la délégation française s’est vidé après avoir fêté les médailles en patinage artistique et en halfpipe. Il ne reste qu’un staff de biathlètes heureux. Comblés d’avoir atteint leur Graal. Dans l’intimité du bar au troisième étage, Grégoire Deschamps, le responsable de la glisse, prend le micro. En chef de soirée improvisé, il invite l’un après l’autre tous les membres du staff à dire quelques mots. Ceux qui comme lui étaient déjà du titre mondial coréen de 2009 comme les derniers arrivés. Les mots sont sincères et forts, les sourires francs et les yeux embués. Dans 20 ans, personne n’aura oublié cette délicate et touchante parenthèse. Il est vraiment tard à PyeongChang. Demain, entraînement. Il reste deux relais à disputer…

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