Afin de mieux vous servir et d’améliorer l’expérience utilisateur sur notre site, nous mesurons son audience grâce à des solutions utilisant la technologie des cookies. Les données collectées permettent de fournir uniquement des données statistiques anonymes de fréquentation. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Si vous souhaitez en savoir plus ou refuser les cookies et les paramétrer, cliquez ici.

X
Escrime

L’escrime française en route pour les Jeux Olympiques de Tokyo

26/12/2019
Crédit photo : CHINE NOUVELLE/SIPA/1910191840
L’Équipe de France d’escrime réalise une très belle année 2019. Après des championnats d’Europe et du monde réussis, les escrimeurs français sont en voie d’arriver en force aux Jeux Olympiques de Tokyo. Stéphane Marcelin, directeur des Équipes de France, fait le point sur la situation des différentes armes.

Pouvez-vous expliquer l’organisation que vous avez mise en place pour que les entraîneurs de l’Équipe de France d’escrime puissent préparer cette saison olympique dans les meilleures conditions et amener le plus d’escrimeurs français aux Jeux ?

Nous avons fait en sorte que les entraîneurs manager et leurs adjoints puissent s’appuyer sur un staff de préparateurs physiques et de préparateurs mentaux. Ces personnes interviennent durant la saison mais j’ai également tenu à ce qu’ils accompagnent les équipes sur les championnats du monde. Pour ma part, je coordonne l’ensemble afin de mettre les coachs dans les meilleures conditions afin que se dégagent une cohésion de groupe et une confiance mutuelle dans chacune des armes, et au-delà dans toute l’équipe pour aller chercher la performance.

Quelle est la situation du fleuret français dans la perspective olympique ?

On avait beaucoup insisté sur l’importance des grands championnats pour se qualifier pour les Jeux Olympiques. L’équipe de fleuret masculin avait bien négocié ce virage avec un titre européen et une médaille d’argent aux championnats du monde. À Tokyo, ils ont remporté leur épreuve de Coupe du Monde, si bien qu’ils ont acquis leur qualification. Chacun des membres de l’équipe a trouvé sa place dans le collectif. Erwann Le Pechoux apporte son expérience, Enzo Lefort a concrétisé tous les espoirs que l’on avait placés en lui avec son titre mondial et arrive donc à maturité. Maxime Pauty livre tout son enthousiasme et son énergie afin de ne jamais céder. Et dans ce contexte, Julien Mertine, qui a gagné à Bonn,  est avec son expérience un numéro 4 de luxe.

Pour ce qui est du fleuret dames, après leur médaille de bronze aux championnats d’Europe, elles ont pris la 4e place au mondial. Ce qui n’était pas dans leurs habitudes puisqu’elles étaient régulièrement sur le podium depuis plusieurs saisons. Leurs adversaires directs pour la qualification sont loin. Elles ont terminé 5e à Saint-Maur, mais elles ne sont pas en danger. La leader Ysaora Thibus mène cette équipe. Pauline Ranvier doit digérer sa médaille d’argent aux championnats du monde. Anita Blaze a montré qu’elle pouvait être une équipière solide et Solène Butruille a tout l’avenir devant elle. Astrid Guyart, après un an d’absence, sera une prétendante à un retour dans l’équipe pour les Jeux. On peut donc être raisonnablement optimiste pour elles.

Qu’en est-il de l’épée, une arme historiquement forte aux Jeux pour la France ?

L’équipe masculine avait manqué ses championnats d’Europe avec une 11e place. Ils ont resserré les boulons avec leur titre mondial à Budapest après une 2e place à Paris et la victoire à Berne le mois dernier. De sorte que la messe était dite. Ils disposent d’un solide leader avec Yannick Borel, qui vise une double performance à Tokyo, en individuelle et par équipes. Après plus d’un an d’absence, Daniel Jerent a montré que sa place était déterminante au sein de l’équipe et Ronan Gustin, un équipier solide. Alexandre Bardenet a montré à Berne sa régularité dans les performances individuelles et que l’on pouvait compter sur lui par équipe. Ils peuvent préparer sereinement les Jeux en s’appuyant sur un collectif très dense et conserver leur titre de Rio.

L’équipe d’épée dames comportent de vraies valeurs individuelles. Elles ont quand même décroché la médaille d’or et la médaille d’argent aux championnats d’Europe. Coraline Vitalis a aussi atteint les quarts de finale aux championnats du monde. Par équipes, cela a du mal à prendre forme. Elles sont capables de battre les meilleures mais aussi de perdre contre plus faibles qu’elles. Elles se mettent un peu trop la pression. Elles ne sont pas dans une position favorable mais elles ont encore trois épreuves de coupes du monde pour aller chercher la qualification. Il y a deux équipes européennes, l’Estonie et l’Ukraine, qu’elles doivent devancer dans les semaines qui viennent. Elles ont leur destin en main… C’est encore possible.

Enfin, le sabre, lui aussi pourvoyeur de médailles aux Jeux Olympiques…

L’équipe féminine fait preuve de beaucoup de constance à haut niveau. Cécilia Berder, Manon Brunet et Charlotte Lembach ainsi que Sarah Noutcha ont remporté ce week-end l’épreuve de Coupe du Monde à Salt Lake City. Manon Brunet a gagné en individuel dernièrement à Orléans, Cécilia Berder figure dans le Top 10 mondial et Charlotte Lembach revient au meilleur niveau après quelques blessures. Caroline Queroli, titulaire de l’équipe, a manqué son début de saison suite à des blessures successives et Margaux Rifkiss et Sara Balzer n’ont pas dit leur dernier mot pour se faire sélectionner aux Jeux. Toutefois, elles peuvent faire preuve de fragilité. Mais leurs coachs ont su leur donner confiance. Elles vont pouvoir préparer les Jeux Olympiques sereinement pour viser le titre… On aimerait pouvoir en dire de même pour les hommes dans cette arme… Même si Vincent Anstett a gagné récemment au Caire. En fait, à cause de notre classement, on tombe dans les compétitions à chaque fois en quarts de finale sur de très grosses équipes comme la Corée du Sud, qui est inatteignable actuellement, ou bien l’Italie. Mathématiquement, la qualification olympique est encore jouable, notamment en prenant la première place européenne. D’autant plus avec la décision de l’AMA d’exclure la Russie des Jeux, une nation qui est devant nous au classement… De toute façon, il va falloir élever le niveau. Les anciens Boladé Apithy et Vincent Anstett ne réalisent pas toujours par équipes ce qu’ils font individuellement et les jeunes sont encore trop irréguliers. Disons que le chemin s’avère difficile mais pas insurmontable.

S’abonner à la newsletter