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Jeux Olympiques

Mais que font les coachs pendant les courses ?

16/02/2018
montage photo coachs
Tapis dans l’ombre, on les voit peu, les entraîneurs, aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018. Votre Coach by Groupe BPCE leur a demandé où ils étaient pendant les courses, ce qu’ils faisaient et surtout, avec un brin de mauvaise foi, à quoi ils servaient vraiment une fois que la course était lancée !

Le + silencieux : le coach du tir en biathlon

La palme du silence revient aux coachs de tir en biathlon. Et pour cause ! Avoir une attitude neutre est une obligation. Sur le stand de tir, c’est « silent zone » : interdiction de parler ou de faire un geste aux athlètes pour tout entraîneur ou membre du staff qui s’y trouve. D’abord pour ne pas gêner les athlètes qui s’apprêtent à tirer leurs cinq balles, mais surtout pour ne pas fausser la compétition. Chaque athlète a eu 30 minutes en amont de la course pour régler son arme. 45 minutes avant le départ, les biathlètes sont passés pour tirer des balles d’échauffement sur des cartons situés juste à côté des cibles. En fonction du vent, ils règlent leurs instruments de visée et anticipent les éventuels changements de direction,  grâce aux fanions rouges situés un peu partout sur le pas de tir.

Mais une fois que la course est lancée, c’est silence imposé. En tout cas, aucune communication directe ni assistance matérielle avec les biathlètes (Martin Fourcade avait failli être déclassé lors de sa 14e victoire de la saison, un record, l’an dernier, pour avoir récupéré un chargeur sur le pas de tir). A chaque session de tir, chaque coach va relever les impacts de balle dans sa jumelle et pourra transmettre par talkie-walkie les informations aux autres coachs situés le long de la piste.

Le + câlin : le coach de patinage artistique

Inévitablement les entraîneurs de patinage artistique. Car la zone dans laquelle ils attendent la fin des programmes porte bien son nom : « kiss and cry », littéralement embrasse et pleure ! C’est dans ce canapé, face aux caméras, que les coachs récupèrent leurs protégés qui sortent tout juste de la glace et qu’ils attendent, parfois de longues minutes, les notes des juges.

C’est là, devant les yeux du monde entier, qu’ils découvrent enfin le classement, la médaille tant attendue, la sévérité des juges après des sauts moins bien exécutés et parfois l’injustice d’une notation subjective… Mais pour Annick Dumont, entraîneure et consultante sur France Télévisions sur le patinage artistique, mieux vaut parler le moins possible : « Il faut laisser l’athlète s’exprimer. Si vous parlez, ce sont vos sentiments à vous qui s’expriment et ce qui est important de connaître, ce sont ceux des patineurs. C’est vraiment un moment où tous les sentiments sortent. Il ne faut surtout pas les accabler, ils s’accablent assez eux-mêmes, et s’il y a de la joie, c’est la leur. »

Des images de joie qui font souvent le tour du monde lors de chaque olympiade, avec en général des coachs qui ne sont jamais très loin pour tomber dans les bras des patineurs.

Annick Dumont – Le kiss and cry

Le + perché : le coach du saut à ski

Pour suivre le saut à skis, il est préférable de prendre un peu de hauteur. Pour l’entraîneur, il s’agit donc d’être perché, car c’est lui qui va guider son athlète au moment de la prise d’élan et qui va devoir corriger l’attitude du sauteur à l’impulsion et en vol en vue du prochain saut. Il doit donc avoir une vue imprenable sur le haut du tremplin mais également sur la réception du saut.

Sur tous les tremplins, il existe donc une tour, au niveau du bas du tremplin, pour les entraîneurs (les juges sont également perchés un peu plus bas dans la pente au niveau de la réception). Muni d’un drapeau aux couleurs de son pays, le coach scrute les indices météo (vitesse et direction du vent) et quand le feu vert s’affiche va abaisser son drapeau au moment où il juge que son sauteur bénéficiera des meilleures conditions pour s’élancer. Plus le vent est de face, plus le sauteur bénéficiera d’une grande portance et ira loin. A l’inverse, si le vent est dans le dos, il aura tendance à « écraser » l’athlète et à le faire aller beaucoup moins loin.

Une fois son athlète lancé dans les traces, le coach pourra filmer l’impulsion et le vol afin de débriefer au plus vite le saut lorsqu’il est qualifié pour la seconde manche.

Mais pour ça, il va falloir redescendre du haut de la tour jusqu’en bas du tremplin et remonter ensuite. Pas de tout repos d’être coach de saut à ski !!

Le + influent : le coach de ski alpin

En ski alpin, surtout sur les épreuves techniques, le tracé conditionne une grosse partie du résultat. Et la responsabilité en incombe aux coachs ! Après tirage au sort la semaine précédant la course, un entraîneur est désigné pour tracer le parcours (c’est-à-dire placer les portes) des géants et slaloms selon des règles établies. Chaque nation va alors pouvoir essayer de favoriser ses athlètes en dessinant un tracé qui leur convient. Une influence intéressante avec laquelle Frédéric Perrin, l’entraîneur français qui trace la 2e manche du géant olympique, prend quelques distances et s’interroge : « Est-ce qu’on en a réellement (de l’influence) ou est-ce qu’on croit en avoir… ? »

Le Français attendra la fin de la 1re manche pour décider quel tracé il proposera aux 30 qualifiés : « Ca dépendra du résultat, si nos gars ont aimé le premier tracé ou s’ils sont loin, auquel cas je mettrais des pièges !! ».

Car avant chaque manche, lors de la reconnaissance, le rôle des coachs est aussi de donner les meilleures indications de trajectoire aux skieurs. Puis quand vient le départ, chacun prend place le long de la piste : « On se met dans des endroits stratégiques par rapport au tracé, soit par rapport au profil de piste, soit par rapport au tracé, précise Perrin. Je fais remonter des infos sur ce que je vois, par exemple, lors du combiné, j’étais placé près de la banane (enchaînement de portes où plusieurs slalomeurs se sont fait piéger). J’ai pu indiquer à Victor (Muffat-Jeandet en bronze) et Alexis (Pinturault, en argent) les zones où il fallait être vigilants. »

Au départ, un autre membre du staff peut alors transmettre les derniers ressentis des coachs sur la piste et espérer que son skieur arrive en bas, avec du vert sur le tableau d’affichage…

Frédéric Perrin – Traçage d’une manche

Le + bruyant : le coach de freestyle

Pour faire le show, les freestyleurs ne sont jamais très loin… Et ce sont quasiment les seules disciplines des Jeux d’hiver où les coachs accompagnent leurs athlètes au départ. Lors du run gagnant de Perrine Laffont en ski de bosses, on a vu Ludovic Didier, son entraîneur, lui adresser les derniers encouragements en haut de la piste du Phoenix Park.

Perrine Laffont a confié plus tard qu’elle avait eu besoin des mots puissants de son coach pour se faire violence et, dans un état d’extrême fatigue, réaliser une manche qui lui a permis de décrocher l’or olympique.

En halfpipe, Greg Guenet est aussi dans la tente de départ. C’est là qu’il va délivrer les derniers conseils, en puisant dans son expérience des grands shows américains, pour trouver les mots justes pour permettre à ses skieurs de prendre les bons risques. Lors de la finale des X Games en 2010, pour la conquête de l’or, Greg Guenet avait demandé avec succès à Kevin Rolland d’aller tenter « non pas l’impossible… mais presque » !

A l’inverse, il faut savoir dans ces moments-là jauger l’état physique et mental du skieur : « Un jour, j’avais demandé un peu trop à Xavier (Bertoni), et il s’est fait mal. Il a fallu du temps pour qu’il me suive à nouveau… »

Le rapport de confiance est ténu dans ces sports extrêmes où derrière l’extravagance des champions et les hurlements du coach au départ, se cache souvent une fine psychologie. Les skieurs en ont besoin, à l’instar de Thomas Krief, membre du team Caisse d’Epargne : « C’est très important de l’entendre. Il y a des compétitions où on peut être un peu déstabilisé et des fois, il suffit de trois mots de l’entraîneur, ça remet de la confiance et on est prêt à y aller. »

Le + connecté : le coach de ski de fond biathlon

Qui dit endurance, dit souvent longueur des parcours. Et dans les sports nordiques, il n’est pas rare que les fondeurs enchaînent des boucles de plusieurs kilomètres. C’est donc au bord des pistes, les pieds dans la neige, qu’il faut chercher les entraîneurs de ski de fond ou de biathlon, loin des tribunes et des pas de tirs où se décide l’issue des courses. Frustrant, forcément. Mais les entraîneurs ont l’habitude de vivre les émotions seuls, avec leur tablette et leur talkie-walkie.

Leur principal souci est plutôt d’être bien sûr d’avoir du réseau et d’être à portée d’ondes des autres membres du staff qui vont leur communiquer les résultats. Car ce sont bien les plus connectés du circuit : « On est en liaison talkie avec l’entraîneur de tir qui nous communique après chaque balle le résultat, explique Stéphane Bouthiaux, l’entraîneur en chef du biathlon français, mais on a aussi une tablette, branchée sur le site de la fédération internationale, pour suivre le live de la course. On y trouve tous les analytiques, qui nous permettent de donner en temps réel les écarts aux biathlètes. »

C’est alors qu’on voit les coachs courir en bord de piste et répéter les temps de passage à leur coureur. Le plus spectaculaire est le coach du biathlon allemand, aussi expressif dans ses consignes que dans ses glissades pour éviter de sortir de la « coaching zone » et risquer la réprimande.

Stéphane Bouthiaux est plus mesuré lors du passage des Bleus à ski. Mais beaucoup moins quand les caméras sont braquées sur le tir et que Martin Fourcade joue le titre olympique. On ne lui en voudra pas d’extérioriser sa joie si le triple champion olympique rajoute un titre à son palmarès…

Stéphane Bouthiaux – que font les coachs ?

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