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Rugby

Rugby – Combattre au service du collectif !

Laurent Labit et Laurent Travers
Coach de rugby
"Toutes les grandes victoires se construisent autour du combat. Or aller chercher quelque chose de grand, cela ne se fait pas dans son coin."

Les bons mots avant le combat

S’il est naturellement indispensable de préparer son corps au combat, la condition mentale du rugbyman est, comme chez tout sportif, un élément indissociable de la performance. Bien sûr, pour faire monter la température dans son vestiaire, le coach peut actionner certains leviers. On pense à la symbolique remise de maillot confiée à une figure historique du club, histoire de rappeler l’importance du rendez-vous… Mais plus globalement, il doit savoir stimuler la détermination, l’implication de ses hommes par ses mots. « Des mots particuliers, reconnait Laurent Labit, avec des expressions difficiles parfois à traduire. »
Conscient de l’importance capitale « d’être compris et de pouvoir transmettre » (Laurent Travers), le duo francilien exige d’ailleurs de ses joueurs étrangers qu’ils parlent français : une heure et demi de cours obligatoire leur est donc dispensée tous les lundis et mardis. Toutefois, une communication « de combat » réussie ne s’arrête pas à la seule maîtrise de la langue : derrière chaque rugbyman, une personne et derrière chaque personne, une sensibilité. Un mystère à percer, pour les coachs… « C’est sûr que lorsque nous sommes arrivés au Racing, nous ne connaissions pas les joueurs, leur personnalité en tout cas, et il a fallu beaucoup échanger, observer pour ne pas faire d’erreurs dans notre management, reconnait l’ancien manager castrais Labit. Est-ce qu’on peut « piquer » ce joueur par exemple ? » « Si certains réagissent sous la critique et s’épanouissent, d’autres se referment… » avertit Laurent Travers. Une des raisons, peut-être, pour laquelle celui-ci met en exergue deux qualités essentielles pour un bon management avoir ses convictions, tout en sachant s’adapter.

L’entraînement physique au combat

Rares sont les semaines où on ne lit pas, où on n’entend pas un entraîneur, même un joueur, se plaindre des cadences infernales dans le rugby professionnel et stigmatiser ces fameux calendriers dangereux pour l’intégrité physique des acteurs. Seulement, comme le glisse Laurent Travers d’une logique…implacable, « pour progresser, le nageur doit aller dans l’eau et le rugbyman, faire du rugby ». Et donc, même à l’entraînement, il faut combattre ! « C’est l’une des problématiques de ce sport très  sollicitant (sic), insiste Laurent Labit. Arriver à s’entraîner en conditions de match, mais intelligemment, en trouvant la juste mesure afin de ne pas mettre en danger les organismes. Éviter que l’atelier ne dure trop longtemps, par exemple, qu’il soit trop intense… »
D’autres préoccupations sont nécessaires, notamment auprès des remplaçants, nombreux dans le rugby moderne. « C’est vrai que ces joueurs-là attendent souvent ces séances « à balles réelles’ pour s’exprimer, au risque de franchir parfois la limite. Il est donc essentiel, en amont, qu’on leur explique le pourquoi de notre choix le jour du match, qu’on leur fasse bien comprendre que ce n’est pas sur CET entraînement qu’ils vont gagner leur place… La règle, de toute façon, est très claire dès le départ : si un joueur déborde, c’est retour à la douche ! ».
Enfin, dans les textes… Parce que certains jours, les excès d’engagements sont tout bonnement conseillés : « Oui, parfois, on cherche à ce que ça craque (sic), sourit Laurent Travers. Je me souviens d’une semaine après une défaite sans combattre à Grenoble. Là, on avait donné de la voix, mis beaucoup d’électricité et fait en sorte que les joueurs aillent loin dans l’agressivité… Le week-end suivant, on a obtenu ce qu’on voulait : une victoire devant Clermont ! »

Combattre, la préoccupation de tous

Contrairement à la boxe ou au judo, comme aime à le souligner Laurent Travers, le rugby appartient à ces très rares sports de combat…collectif. « Si un seul maillon de la chaîne casse, l’équipe ne peut plus avancer donc les joueurs sont très dépendants les uns des autres, résume-t-il. Les uns avec les autres, les uns pour les autres, voilà d’ailleurs notre mode de fonctionnement ! L’esprit d’équipe et l’entraide sont des maîtres-mots dans notre sport ». « On en a d’autant plus besoin dans des clubs comme les nôtres où il y a des internationaux avec des objectifs personnels élevés, renchérit Labit. Si le Racing a de bons résultats, ils iront en sélections ».
Si la traditionnelle confrérie des « Gros » existe toujours (c’est-à-dire les avants de l’équipe dont le rôle principal est de pousser en mêlée et de « déblayer » lors des regroupements), les phases de combat ne leur sont plus exclusivement réservées. « Le rugby a évolué, analyse ce dernier. Si les avants doivent aujourd’hui faire plus de courses, plus de passes, les arrières, eux, doivent assumer davantage de tâches de conservations, de nettoyage, de rucks… « . « On le voit d’ailleurs dans leurs morphologies, appuie Travers. Désormais, on a vraiment à faire chez les arrières à des athlètes. Il faut dire que l’affrontement auquel ils sont confrontés se fait souvent à pleine vitesse, il est donc très intense… »
Derrière ce combat, ces contacts, un gros travail de musculation bien sûr. Un suivi médical pointu aussi. Surtout, la passion du jeu. « Si tout ce qui est autour du rugby a changé, la passion doit être toujours là, nous en sommes les garants, rappelle Travers. Parce que, lorsqu’on est motivé, on a plus de chances de réussir. Au rugby, comme dans n’importe quel autre métier. »

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