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Escrime

Escrime : le coach aux sept médailles

Graphic Obsession
Nicolas Lopez, comme nombre de grands sabreurs français, a appris l'art de l'escrime à Tarbes auprès de René Geuna. L’un des plus grands formateurs du sport français.

René Geuna respecté jusqu’à Moscou

J’avais huit ans quand je suis arrivé au club d’escrime de Tarbes. René Geuna représentait la figure même de l’autorité, je pense que c’était aussi l’idée qu’il se faisait de la fonction. Mais en même temps, il gérait admirablement la balance entre l’ordre et la part du jeu, doublée d’une bonne dose d’humour. Et quand tu es gamin, c’est formidable car tu es en demande de règles, mais en même temps tu veux aussi pouvoir t’amuser.
Et puis, au fur et à mesure que tu franchis les classes d’âge, le rapport avec lui évolue et se mue progressivement en amitié. Avec, bien sûr, toujours un immense respect. En cadet, nous étions allés disputer une compétition à Moscou. Or c’est l’un des, sinon le, pays du sabre. Nous avons tous été frappés de voir combien le travail de René Geuna était reconnu là-bas et lui-même fort respecté. Voir son entraîneur de petit club ainsi salué en Russie nous avait impressionnés.

La réussite individuelle vient du groupe

Il avait cette particularité de savoir parfaitement gérer le groupe tout en se préoccupant de l’affect de chacun. Si l’on n’était pas sélectionné pour une compétition, il nous expliquait pourquoi, tout en nous motivant pour la suivante. Et inversement, quand on gagnait les championnats de France, au retour on se prenait une engueulade qui n’était pas toujours justifiée, mais qui avait pour but de nous faire redescendre sur terre. Il avait, par ailleurs, une méthode de travail qui fut au départ décriée, mais qui est désormais communément adoptée partout. Damien Touya (champion du monde, champion olympique) a très bien résumé l’esprit du travail de René Geuna : la réussite individuelle découle de l’investissement collectif. Et cet état d’esprit, cette méthode, il a su les transmettre à ses successeurs. C’est ainsi l’éducateur absolu, qui est dans la transmission à ses élèves, mais aussi dans la transmission de son savoir aux éducateurs qui lui succèdent. Cela fait plusieurs années qu’il a arrêté d’entraîner et pourtant le club de Tarbes connaît toujours la même réussite. Je ne connais pas d’autre professeur d’un petit club de province dont les élèves ont obtenu sept médailles aux Jeux Olympiques.
Quand je suis descendu du podium des Jeux de Pékin, il a fait partie des premières personnes à qui j’ai envoyé un message pour leur dire que cette médaille n’était pas que la mienne…

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