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Voile

Mon coach m’a appris à ne pas me reposer sur mes lauriers

SG-OPTI
Sylvie a commencé la voile à Cannes quand elle avait un peu plus de 6 ans, elle en a aujourd’hui 50. Elle n’a jamais arrêté de naviguer et de régater mais de manière plus épisodique, car habitant à Paris. Son entraîneur, qui est toujours un ami, lui a dès le début appris ne pas se reposer sur ses lauriers…

Entraînements à la dure

Même si le cadre pouvait paraître idyllique (en l’occurrence Cannes), l’essentiel de nos entraînements se situait de septembre à juin et les séances d’hiver pouvaient être bien froides et bien humides d’autant qu’à l’époque – il y a plus de quarante ans – les habits techniques (combinaisons sèches ou néoprènes, polaires, cirés respirants, etc.) n’existaient pas : nous empilions des pulls sous un beau ciré jaune quitte à être de vrais bibendums !
Je me souviens parfaitement de ma première sortie en Optimist une belle après-midi d’automne azuréen. Mon « navire » était blanc et rouge et après quelques explications très succinctes, je fus expédiée sur l’eau avec un « débrouille-toi » ! Ceci dit, dès cet instant, j’ai su que c’était ce sport que je voulais pratiquer et 44 ans plus tard, c’est toujours le cas !
Notre entraîneur était un champion de voile, dessinant déjà des bateaux (il est devenu architecte naval par la suite), assez direct avec la bande de gamins que nous étions. Les entraînements étaient à la dure et, quel que soit le vent, nous devions enchaîner les manœuvres et les longs bords pour acquérir réflexes, expériences et souvent vaincre la frousse qui nous tenaillait quand il y avait de grosses vagues et que le mistral soufflait. Au retour, le chocolat chaud nous attendait mais nos mains engourdies mettaient du temps à se réchauffer autour des tasses fumantes.

Victoire et… déception

Les régates s’enchaînaient les dimanches et petit à petit, du haut de mes 11 ans, je progressais dans ma catégorie. Toute l’équipe cannoise, accompagnée par quelques parents, partit en Bretagne à Pâques pour la Coupe Nationale. À l’issue du championnat, je terminais sur la plus haute marche du podium, devant tous les garçons et les filles : immense joie et, évidemment, très grande fierté !
De retour à Cannes (à l’époque, ni Facebook ni les téléphones portables n’avaient déjà colporté la nouvelle !), je n’étais donc pas peu fière de pouvoir raconter à mon entraîneur que j’avais gagné la régate nationale. Et je revois la scène comme si c’était hier : alors que je lui annonçais la nouvelle et que j’attendais de chaleureuses félicitations, il m’a répondu « Pas mal, mais, de toutes façons, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ! », sous-entendu je courais dans la catégorie des petits et il n’y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat…
Sur le moment, j’ai ressenti une profonde déception (pourtant je n’aurais pas pu faire mieux… !) – dont je me souviens encore très bien —, et j’ai été assez vexée que la « grande championne » que j’étais devenue ne soit pas portée aux nues…
Mais, avec le recul, je pense qu’il a judicieusement fait dégonfler les chevilles et l’égo d’une petite fille qui, du coup, s’est remise instantanément à s’entraîner pour lui prouver qu’elle n’était pas si borgne que cela.
Je suis restée amie avec « ce coach » à qui je reproche régulièrement d’avoir traumatisé une enfant mais à qui je dois indéniablement une passion inconditionnelle et ininterrompue pour la voile et un goût tout aussi vivace pour la compétition en général.

 

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