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Athlétisme

Mon coach, mon repère

Stéphane Desaulty a tout appris de Jacques Darras, avant de le trahir puis de revenir vers ce qu’il lui avait transmis.

Je trouvais l’apaisement et des repères auprès de lui

J’ai rencontré Monsieur Jacques Darras lors d’un cross à Bolbec. J’étais encore jeune et il est devenu plus tard mon entraîneur lorsque je suis entré au Bataillon de Joinville. J’ai tout de suite ressenti un immense respect pour cet homme. J’étais quelqu’un qui parlait beaucoup, mais en sa présence je me taisais parce que j’avais la sensation d’apprendre sans cesse. J’étais un jeune chien fou et lui m’apaisait. Je n’avais pas de père, ni de repère, je trouvais tout cela auprès de lui. Je n’étais pas très fort en français alors quand j’avais du courrier à écrire, j’allais chez lui et il me dictait mes lettres. Quand je faisais des fautes, il me faisait tout recommencer. Et à l’entraînement, c’était la même chose, la même façon de procéder, il m’a structuré. C’est lui qui m’a poussé et permis de participer aux championnats du monde d’athlétisme sur 3 000 mètres steeple.

Je me suis senti coupable de l’avoir trahi

Et puis, après quelques années, je me suis éloigné de lui. Je suis allé m’entraîner avec d’autres. Il ne m’a rien dit. J’étais quand même mal à l’aise à son égard. J’ai alors commencé à me doper. Je lui ai simplement dit : je prends un mauvais chemin. Quand je me suis fait attraper pour dopage, je me suis senti obligé d’aller le voir, parce que même si je ne m’entraînais plus avec lui, quelque part c’est lui et ce qu’il m’avait enseigné, que j’avais trahis. Je sais que je lui ai fait du mal. Et je m’en voulais énormément. Dans cette dérive du dopage, c’est peut-être ce que je regrette le plus, d’avoir trahi les valeurs que m’avait inculquées Jacques Darras. Je ne fais plus d’athlétisme, j’ai une entreprise d’électricité vers Grenoble. Chaque année, je l’appelle pour parler de tout et de rien. Il a construit quelque chose en moi, au creux de moi que je parviens petit à petit à mettre en place. Oui, il a fait de moi ce vers quoi je tends, c’est-à-dire un homme bien.

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