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Judo

Judo : Mon père, mon coach

Graphic Obession
Issu d’une famille de sportifs, Yohan passe toute son enfance et son adolescence sur un tatami aux côtés de son père qui est aussi son coach. Une relation toute aussi fusionnelle qu’envahissante…

Des valeurs en partage

Tout a commencé lorsque j’avais 5 ans. Mes parents m’ont inscrit à des cours de judo. Le choix de la discipline leur appartenait complètement, surtout à mon père, qui avait été judoka dans sa jeunesse. Pour ma part, je voulais faire du foot mais le judo m’a permis de canaliser mon énergie et m’a enseigné beaucoup de valeurs comme le respect, la modestie ou encore le contrôle de soi.
Durant toute ma pratique du judo, je n’ai eu qu’un seul entraîneur, mon père. J’ai évolué dans deux clubs, porté six kimonos, pris beaucoup de « pelles » mais très peu de blessures, heureusement !

Au delà du père, le coach

J’ai évolué au niveau départemental puis régional. Mon père m’accompagnait dans tous mes déplacements, même si certaines fois il fallait avoir la patience d’attendre plusieurs heures avant de combattre pour juste quelques secondes.
C’est dans ces moments là que le trac et l’adrénaline surviennent. La présence de mon père était donc vraiment importante et rassurante à mes yeux. On regardait ensemble les autres combattants afin de détecter leurs différents points forts, pour ensuite débriefer sur leurs points faibles et essayer d’établir la meilleure stratégie pour le combat à venir. Aucune perte de temps n’était autorisée, il fallait tout analyser, disséquer et chercher l’erreur, les défauts, les faiblesses. C’était ça le véritable hobby de mon père.
Ensuite, lors de mon entrée sur le tatami, il m’aidait à m’échauffer afin d’éviter tout risque de blessure, mais surtout pour que je ne sois surpris à froid lors d’un combat. C’est à cet instant là que je réalisais que les remarques quotidiennes de mon père dès le saut du lit étaient loin d’être inutiles, et que ce sont elles qui m’ont permis de me dépasser dans ma pratique du judo, et au-delà dans ma vie professionnelle et personnelle.

Être le meilleur, sinon rien

Peu importe le résultat en sortant du combat, je recevais les critiques avant la bouteille d’eau et c’est dans ces instants-là que l’on comprend tout. Ou plutôt rien. Mais, avec le temps, je commençais à intégrer la pertinence de l’analyse paternelle et son insistance à vouloir contrôler tous les aspects de ma vie.
Outre son omniprésence physique et psychologique à mes côtés, il me faisait également suivre un régime drastique. Le judo fonctionne avec des catégories de poids et il vaut mieux être à la limite de poids supérieur pour éviter de se faire bouger facilement. Mais ce qui est compliqué dans ce genre de sports avec une balance, c’est que la plupart des gens font une, deux, voire trois kilos de plus et perdent du poids les semaines précédent la compétition. On vit avec un œil en permanence fixé sur la balance. Et, avec mon père, je vivais avec quatre yeux sur la balance. Du coup, j’avais le droit à des repas adaptés, des footings, des boissons de récupération, des granules. C’était une préparation digne d’une Coupe du Monde. Mais le jeu en valait souvent la chandelle. Rien n’était plus jouissif que de mettre son adversaire à terre sur Ippon suite à un combat de 4 minutes 30 et de pouvoir partager sa joie directement avec celui qui m’avait amené jusqu’ici. Les moments de partage et de succès, aussi infimes soient-ils, en étaient décuplés.

Une histoire de famille

Cette expérience sportive familiale, nous avons eu la chance de la partager à quatre. J’ai deux petits frères qui, eux aussi, ont mis les pieds sur un tatami dès leur plus jeune âge. Et c’est ainsi que l’histoire s’est poursuivie pendant une vingtaine d’années. Mon père s’est lui aussi remis au judo et a eu sa ceinture noire après moi.
Aujourd’hui, ma famille entière se consacre au sport : mon frère cadet va chaque année au championnat de France d’athlétisme en triple saut, mon autre frère fait des cross au niveau interrégionaux et ma sœur fait du saut en hauteur.
Je vous laisse deviner qui est sorti de sa retraite pour devenir le nouvel entraîneur du club d’athlétisme de ma ville natale… !

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