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Rugby

Rugby : Jacques Fouroux, le premier coach du XV de France

Jacques Fouroux, coach mythique du XV de France. © Diderot/SIPA
À l’heure où se jouent les tests matchs internationaux de rugby, retour sur Jacques Fouroux, l’un des plus célèbres coachs du XV de France.

Un meneur d’hommes hors du commun

Jean Prat a certes entraîné le XV de France dans les années 1960, mais l’équipe est ensuite revenue à un système de management sans coach véritable jusqu’à l’arrivée de Jacques Fouroux. Auparavant, un comité de sélection, par ailleurs très décrié, sélectionnait les joueurs selon des critères qui n’étaient pas toujours très rigoureux. Les joueurs se retrouvaient alors sous l’égide de leur capitaine, qui fixait les grandes lignes directrices du jeu avec le président du comité de sélection.

Lors du mythique Grand Chelem de 1977, pendant lequel la même équipe de quinze joueurs a disputé tous les matchs du Tournoi des V Nations, le XV de France est emmené par le demi de mêlée Jacques Fouroux, alors qu’Élie Pebeyre est le président du comité de sélection. Ce dernier est évincé par le président de la Fédération Albert Ferrasse, qui nomme à sa place Jacques Fouroux au titre d’entraîneur du XV de France. C’est le premier entraîneur officiel du XV de France… Grâce à sa très forte personnalité, Jacques Fouroux avait gagné sa place de demi de mêlée au sein du XV de France au détriment d’un joueur bien plus brillant que lui, Richard Astre. C’est également au nom de ce fort caractère – on l’appelait le Petit Caporal ! – qu’il a été nommé à ce poste de coach et c’est grâce à ce trait de sa personnalité qu’il s’imposer.

En tant qu’entraîneur, son aura sur les joueurs est presque unique dans l’histoire du XV de France. Grâce à une virulente présence du haut de son mètre soixante-trois, à sa faconde, à sa manière de galvaniser l’équipe, de transcender individuellement chaque joueur, le XV de France parvient à élever son niveau de jeu. La victoire contre les All Blacks à Nantes en 1986 reste mémorable. En effet, Jacques Fouroux enferme alors les joueurs dans leur hôtel et les coupe de tout lien avec l’extérieur, ils ne disposent ni de téléphone ni courrier. Le pilier Pascal Ondarts raconte comment Jacques Fouroux avait gardé une lettre émouvante d’encouragement d’un de ses amis et ne lui avait délivrée qu’au dernier moment. Et les joueurs français, survoltés, ont littéralement emporté les All Blacks, qui ont confié a posteriori n’avoir jamais affronté des joueurs aussi agressifs et déchaînés…

La prime au physique

Jacques Fouroux possède ainsi une véritable science des ressorts psychologiques des individus, grâce à laquelle il mène le XV de France à un nouveau Grand Chelem en 1981 puis en 1987, année où la France atteint la finale de la première Coupe du Monde. Au-delà de sa qualité de meneur d’hommes, Jacques Fouroux dispose aussi d’une véritable vision du rugby. S’il a, au début de son ère, lancé nombre de joueurs de talent, il va ensuite privilégier un rugby de combat, technico-physique – pour reprendre les termes de l’époque –, au détriment d’un jeu d’évitement. Cela lui vaudra énormément de critiques de la part des puristes, notamment celle d’avoir évincé des joueurs de génie comme Jérôme Gallion, Didier Codorniou ou Albert Cigagna au nom de cette dimension physique.

Quelque part, le coach a néanmoins entrevu ce que serait le rugby du futur, avec ces gabarits qui ont considérablement évolué, même si les All Blacks demeurent les meilleurs avec un rugby de vitesse qui fait toujours la part belle aux joueurs de talent. Jacques Fouroux essaie ensuite vainement de prendre la présidence de la Fédération. Il meurt prématurément en décembre 2005 à l’âge de 58 ans d’une crise cardiaque. Ses cendres sont dispersées sur le stade d’Auch, son club de toujours, un stade qui porte désormais son nom.

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