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Basket-ball

Vincent Collet : les top/flop de sa carrière

Vincent Collet
Coach de basket-ball
À l’occasion de la Coupe du Monde de basket en Chine, Vincent Collet, sélectionneur de l’Équipe de France et entraîneur de la SIG Strasbourg, a sélectionné pour Votre Coach by Groupe BPCE trois grands tops et trois flops de sa carrière de coach.

TOP 1 – Du fiasco au titre, Le Mans 2006

Quelques jours après une des plus grosses déceptions de sa carrière (voir Flop 3), Vincent Collet, alors entraîneur au Mans, débute les playoffs 2006 de Pro A avec une équipe bancale. Après avoir perdu plusieurs matchs consécutifs qui les oblige à passer par un barrage, le coach change de tactique. Un coup de génie qui va mener Le Mans au titre de champion de France. 

« En 2006, le cinquième jouait un huitième de finale préliminaire contre le douzième (tous les matches au meilleur des 3 manches, le premier et le match d’appui éventuel chez le mieux classé de la saison régulière). Nous, en l’occurrence, on devait jouer Bourg-en-Bresse. Et on est allé jouer à Bourg-en-Bresse, et on a perdu ! Donc on revient au Mans. Et là on décide de commencer dans le cinq majeur avec nos trois jeunes. On avait Pape-Philippe Amagou, Yannick Bokolo et Alain Koffi. Donc, on décide de sortir du cinq majeur des joueurs majeurs. Je n’avais que 24h pour le faire donc je prends à part les leaders, Huseyin Besok (pivot international turc) et Jermaine Guice (arrière américain), et leur explique qu’il faut changer quelque chose. Ce qu’il se passe, c’est qu’eux forcément sont âgés. Ils ont un peu moins d’intensité. Ce sont des grands joueurs de basket. Mais comme on a, en ce moment, du mal sur la confiance à démarrer les matches, le problème, c’est qu’ensuite, quand les jeunes rentrent, ils n’ont pas la capacité tactique, technique, à modifier la donne. Finalement, la complémentarité n’est pas bonne donc on va essayer de faire l’inverse. On va mettre les jeunes au départ en leur demandant de défendre comme des chiens, de se battre sur tous les ballons. Et puis si le départ n’est pas très bon, d’une part ça aura fatigué nos adversaires, parce que l’intensité aura été beaucoup plus forte. Et puis on aura la capacité à inverser le cours du match avec l’entrée de nos meilleurs joueurs. Et donc c’est ce qu’on a fait. Et puis le résultat a été au-delà… Parce que le samedi contre Bourg-en-Bresse, après 5 minutes de jeu, on menait 20 à 2 ! Avec nos jeunes ! Et après, on a mis nos anciens. On a gagné. On a gagné la belle également facilement. Et ensuite on a joué Villeurbanne en quart de finale, contre qui on avait perdu de 27 ou 28 points quinze jours avant (en phase régulière du championnat). On a gagné le match aller de 10 points chez nous. Et on est allés faire la même chose à Villeurbanne au match retour. On a gagné 2-0. Ensuite, on a été champions. Tout s’est inversé en très peu de temps, pour le meilleur résultat qui soit. »

TOP 2 – Le miracle espagnol, Coupe du Monde 2014

Un an après le premier titre européen de l’Équipe de France de basket, les Bleus disputent en Espagne, chez leur grand rival, la Coupe du Monde. La France est privée de ses meilleurs éléments mais va réaliser sans doute le plus grand exploit de l’histoire du basket français. Le coach Vincent Collet se remémore comment l’humiliation du 1er tour face au même adversaire avait cimenté son équipe autour d’un objectif : sortir les Espagnols de leur Coupe du Monde.

« Mon deuxième top, c’est contre l’Espagne, en 1/4 de finale de la Coupe du Monde 2014. Nous n’avions pas Tony Parker cette année-là. Et Nando De Colo s’était blessé à la main pendant la préparation. Donc notre équipe était quand même fortement amoindrie, composée de beaucoup de jeunes pour qui c’était la première ou la seconde grande compétition. Et en 1/4 de finale, on jouait l’Espagne, à domicile, qui avait la meilleure équipe. Avec les deux frères Gasol, Ibaka, Navarro, enfin tout le monde. Tout le monde était là, sans exception. Et l’Espagne n’attendait qu’une chose, c’est de jouer la finale contre les États-Unis. Mais on a brisé ce rêve, puisqu’on a battu les Espagnols en 1/4 de finale. Et là encore, après avoir pris 25 points, une semaine avant, contre eux, en poules. Cette défaite a été, pour moi, le ferment de cette victoire en 1/4 de finale. Je pense que les Espagnols, même au plus profond de leurs pensées, n’avait pas pu imaginer qu’on puisse les battre en quarts. Chez eux, devant leur public, avec leur grinta. Nous, ça nous a permis de corriger ce qui nous avait manqué. Pour moi, c’est, à titre perso, le plus beau souvenir, là je parle de basket, dans la préparation d’un match. Entre ce qu’on a pu préparer et ce qu’on a obtenu, le respect des joueurs pour les consignes, la rigueur, l’engagement. C’est mon plus grand souvenir, en tout cas avec l’Équipe de France ! »

TOP 3 – Champions d’Europe, 2013

Des années que la France attendait un titre. La bande à Parker, emmenée par le coach Vincent Collet, était programmé pour ramener ce premier titre continental. Après être passés pas loin en 2011 en Lituanie (défaite en finale face à l’Espagne), les Bleus raflent la mise en 2013 en Slovénie après un parcours époustouflant.

« Le troisième top, il est évident. C’est le titre européen. C’est l’aboutissement avec cette équipe-là, qui, depuis tant d’années, s’était investie pour gagner. Il y a eu plein d’étapes en plus dans ce championnat d’Europe. On était plutôt moins bons que 2 ans auparavant en Lituanie. Je pense que sur la consistance, la régularité, on avait été meilleurs en Lituanie. Mais, par contre, on était plus mâtures. Même les matches qu’on a perdu, c’était plus parce qu’ils n’étaient pas très importants. Comme celui contre la Serbie. Mais les joueurs avaient un focus terrible sur le mode de compétition. Et à partir des 1/4, on a eu une montée en puissance incroyable. Et puis on était portés par un leader qui était au sommet de son art, Tony (Parker). A tous points de vue, comme son discours à la mi-temps contre l’Espagne. (Menée 34-20, la France est KO quand le capitaine Parker prend la parole dans un discours d’anthologie). Ça a été, ces cinq derniers jours à partir des 1/4 de finale, quelque chose d’incroyable ! J’avais vraiment fait une comparaison. En 2011 (Eurobasket en Lituanie), quand on a battu les Russes en 1/2 finale, on a senti qu’on avait fait notre maxi et qu’on n’avait pas vraiment joué la finale et ça, ça avait été un regret important pour moi. En 2013, on a à peine célébré la 1/2 finale alors qu’on a battu l’Espagne, pourtant au prix d’un effort incroyable puisque c’était après prolongations. Mais très vite, la joie est retombée dans le vestiaire, pour ne plus penser qu’à battre la Lituanie deux jours après. »

FLOP 1 – La dégringolade en Pro A, Le Mans 2006

Mai 2006. La saison régulière de Pro A se termine. Le Mans, entraîné par Vincent Collet, se bat avec Pau pour terminer à la première place et bénéficier de l’avantage du terrain pour les playoffs à venir. Mais en quelques matches, le château de cartes bâti minutieusement par le coach toute la saison se fissure au point de terminer à la 5e place, synonyme de barrage…

« En 2006, nous étions, avec Le Mans, deuxième du championnat et il ne restait plus que cinq journées. Nous recevions Pau qui était premier, juste devant nous, et on avait un calendrier qui était plutôt favorable. Et finalement, on s’est écroulé. On a perdu chez nous contre Pau. Donc là, ça nous empêchait d’être premiers. Et la semaine d’après, on allait à Villeurbanne et on pouvait encore malgré tout rester je crois deuxième ou troisième. Et on a pris 25 ou 30 points à Villeurbanne, en s’écroulant totalement. Donc à chaque fois on essayait de reprendre les choses en main. J’avais l’impression que l’équipe fuyait. Voilà, qu’il n’y avait plus rien, qu’il n’y avait plus d’enregistrement des consignes, plus de respect des consignes. Et on était vraiment dans une situation très dure pour finalement échouer à la cinquième place du classement. Au dernier moment, la défaite à Villeurbanne avait permis à Villeurbanne de nous chiper la quatrième place donc l’avantage du terrain en playoffs. C’était une catastrophe. Donc là, on a vu une des pires périodes : trois semaines où vous perdez cinq ou six matches quasi consécutivement peut-être avec une victoire entre deux. Mais en tout cas, une période très difficile alors qu’on avait gagné cette année-là quatre matches sur cinq. On était partis pour être premiers ou deuxièmes donc il n’y avait aucune raison que ça puisse nous arriver. »

FLOP 2 – Mauvais calcul à la Coupe du Monde 2010

Depuis 2009, Vincent Collet a pris les rênes de la sélection en plus de son travail en club à l’ASVEL. Pour sa première Coupe du Monde en 2010 en Turquie, il dirige un groupe d’outsiders qui, dès son premier match, réalise l’exploit de battre l’Espagne. La voie est dégagée pour la suite de la compétition. Mais Grecs et Néo-Zélandais jouent un mauvais tour à l’Équipe de France.

« Le deuxième mauvais souvenir, c’est évident, c’est la Nouvelle-Zélande, en 2010. On était à la Coupe du Monde. C’était le cinquième match donc c’était le dernier match de poule. En fait, avec cette équipe-là, on avait commencé par faire un exploit. On avait battu l’Espagne le jour d’ouverture. On se dirigeait tout droit vers une deuxième place en battant la Nouvelle-Zélande. Simplement, avant notre match, dans l’autre poule, il y avait un match des Grecs. Et les Grecs, de façon ostensible, comme ils savaient le faire à l’époque, ont perdu ce match. En fait, le fait de le perdre, si on battait la Nouvelle-Zélande, leur permettait d’éviter de jouer l’Espagne en huitièmes de finale.*
Les joueurs étaient énervés, agacés par ce comportement, parce qu’on avait été nous-mêmes victimes, l’année précédente, des Grecs, qui nous avaient envoyés dans les bras de l’Espagne (défaite en 1/4 lors de l’Eurobasket 2009, la première grande compétition de Vincent Collet comme sélectionneur). Et je crois que, inconsciemment, certains joueurs ont voulu presque perdre contre la Nouvelle-Zélande. En fait, il fallait qu’on perde de moins de 12 points. Par contre, si on perdait de 12 points, on jouait contre les Turcs (1ers de l’autre groupe, ils affrontaient le 4e de la poule de la France en 1/8e), parce qu’on passait quatrièmes. Ce dont je m’en veux beaucoup encore, c’est ne pas avoir été capable de convaincre tout le monde du danger de jouer avec le feu. C’est Abercrombie, un joueur qui a joué à Villeurbanne après, qui a marqué un panier avec la planche à trois points, et qui a donné la victoire par douze points d’écart aux Néo-Zélandais. Et à ce moment-là, malheureusement, on a joué la Turquie (qui jouait à domicile), et bien sûr, on a perdu en huitièmes de finale (95-77). Je m’en suis beaucoup voulu, de la fin de match, mais surtout, de ne pas avoir été capable de changer la petite musique qui était dans leur tête, de se dire : « Si on perd de moins de 12 points, on envoie les Grecs contre les Espagnols**, ça va leur faire les pieds ! » Donc ça c’était vraiment un échec personnel !

* En Coupe du Monde, le 2e du groupe C affronte le 3e du groupe D et inversement. Donc la France ayant battu l’Espagne, elle pouvait en cas de victoire lors du dernier match terminer 2e de sa poule (Lituanie 1ere, France 2e, Espagne 3e), et donc affronter en 1/8e de finale le 3e de l’autre poule, la Grèce, qui, elle, avait perdu délibérément son dernier match et miser sur une victoire de la France face à la Nouvelle-Zélande pour jouer en 1/8e la France plutôt que l’épouvantail espagnol.

** Finalement, la Grèce a perdu en 1/8e contre l’Espagne, 80-72.

FLOP 3 – Défaite tactique face à l’Espagne, Eurobasket 2015

Un an après avoir sorti l’Espagne de sa Coupe du Monde, la France accueille son Euro chez elle et retrouve en demi-finales le grand rival espagnol et ses stars de la NBA. Comme une revanche qui va mal finir pour les Bleus alors que son coach Vincent Collet semblait avoir les cartes en main…

« Le dernier souvenir qui concerne aussi l’Équipe de France, c’est l’Espagne en 2015 en demi-finales (défaite 80-75 après prolongation). Là, c’est vraiment du basket, un choix tactique. Parce qu’on avait de l’avance dans le troisième quart-temps (+11 points). Et en fait, dans le quatrième quart-temps, le match a basculé lorsque Gobert a pris la cinquième faute. En fait quand Rudy Gobert (le pivot NBA du Utah Jazz) était sur le terrain, il arrivait plutôt pas mal, comme l’année d’avant à la Coupe du Monde, à contenir Pau Gasol (le pivot star espagnol, à l’époque aux Bulls de Chicago) et donc ça nous évitait de devoir faire prise à deux et ça ne donnait pas de solution facile pour les autres joueurs. En fait, quand il était là, on menait plutôt facilement. Malheureusement il a fait ces fautes, il les a attrapées assez vite, la quatrième, puis, quand on l’a remis, la cinquième. Et l’erreur tactique que j’ai commise, c’est de ne pas modifier notre défense. On avait de l’avance, et j’ai cru qu’on allait tenir comme ça. Et finalement on a fait prolongations. Il aurait fallu faire prise à deux (deux joueurs défendent sur un seul joueur) en fait à ce moment-là. Au moment où Gobert est sorti, il aurait fallu modifier le système, peut être essayer une ou deux possessions. Et quand on a vu que personne n’y arrivait contre Gasol (l’Espagnol a terminé meilleur marqueur de la rencontre avec 40 points, la moitié des points de son équipe !), faire prise à deux sur lui pour l’obliger à sortir les ballons. Peut-être qu’ils auraient mis les tirs, mais en tout cas, pour moi, ça fait partie des flops parce que je considère que c’est une erreur. Et en tout cas, il aurait fallu s’autoriser à le tenter. Quitte à revenir en arrière. Mais le fait de ne pas l’avoir tenté est pour moi une erreur que je regrette encore aujourd’hui, parce que sinon on aurait été double Champion d’Europe !


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