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Santé

Attention aux apéros virtuels !

Le confinement a engendré une nouvelle pratique d’apéros virtuels. Comme on ne peut voir ses amis, sa famille, on s’appelle en fin de journée sur des applications autour d’un verre partagé qui lui, n’est pas si virtuel que ça !

Cette pratique à des fins conviviales n’est pas sans poser question, comme l’explique pour Votre Coach le Docteur Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’Hôpital Universitaire Paul Brousse (AP-HP), porte-parole de SOS Addictions et auteur de « L’Alcoolisme Au Féminin » paru chez Leduc.s en janvier dernier.

Faire davantage d’apéros en raison du confinement dans cette forme de convivialité présente-t-il un risque ?

Il existe un risque si on sort des recommandations « Santé Publique France », à savoir deux verres standards d’alcool par jour, pas tous les jours, soit dix verres par semaine avec deux jours sans consommer. Pour les jeunes et les femmes enceintes, il ne faut pas consommer d’alcool du tout. Le risque existe dès le premier verre de toute façon. Cependant, cette convivialité via la visio est sympa pour les gens pendant cette période de confinement où le stress, l’inquiétude, les incertitudes règnent. Il faut vraiment moduler ces moments conviviaux virtuels en termes de consommation et ne pas forcément consommer de l’alcool à chaque fois !

Est-il possible que certaines personnes poursuivent à la fin du confinement cette habitude d’apéro qu’ils ont prise ces derniers temps ?

Oui, certaines consommations excessives sans contrôle peuvent faire émerger un risque chez les personnes vulnérables. Toutefois, on ne devient pas addict après deux mois. Il faut au moins douze mois d’usage avec les 5 C.

Que sont ces 5 C ?

Il s’agit d’un moyen mnémotechnique simple pour comprendre : perte de Contrôle, usage Chronique, usage Compulsif, Craving (envie irrésistible de consommer) et Conséquences sur la santé. Certains vont donc avoir un usage excessif à risque, d’autres, en revanche, vont rechuter ou déstabiliser leur maladie addictive !

Est-ce que l’alcool peut s’avérer une tentation pour pallier des problèmes psychologiques que peut générer le confinement ?

Oui, l’alcool peut être utilisé comme un tranquillisant, un antidépresseur, un anesthésiant émotionnel. Mais lorsqu’on l’envisage ainsi, on est dans le risque et les complications sanitaires physiques, psychologiques, sociales potentielles. La consommation exacerbée d’alcool peut en outre pendant le confinement conduire à une augmentation des accidents domestiques (chutes, blessures), des violences intrafamiliales, une baisse de vigilance ou une désinhibition amenant un moindre respect des gestes barrières et des mesures de distanciation physique.

Est-il vrai que l’alcool peut aggraver les problèmes pour des personnes touchées par le coronavirus ?

Il n’y a pas de données précises mais par extrapolation, la consommation d’alcool peut fragiliser l’organisme et donc une personne malade, touchée par le Covid.

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