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Santé

Course à pied : le marathon est-il bon pour la santé ?

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Avec l’automne, arrive la saison des marathons. Des milliers de gens vont participer à ces courses jusqu’au printemps. Pourtant, cette épreuve qui s’est considérablement popularisée reste néanmoins un effort hors normes. De quoi se demander si le marathon n’est pas dangereux pour la santé.

Le premier marathonien est mort

Le marathon est une course excessive, et comme tout ce qui est excessif, cela peut s’avérer néfaste pour la santé. Un certain nombre d’études scientifiques sont parties de ce principe de bon sens pour voir quelles étaient les conséquences d’un marathon sur le corps. À chaque fois, les scientifiques tiennent à préciser que l’exercice physique est excellent pour la santé et permet de prévenir un certain nombre de maladies comme l’hypertension, l’insuffisance cardiaque, l’obésité, la dépression et le diabète. Toutefois, courir 42,195 km constitue un exercice hors du commun. D’ailleurs, le premier marathonien et mythe fondateur de cette course, Philippidès (ou Euclès selon les versions), parti du site de la bataille de Marathon jusqu’à Athènes pour annoncer la victoire, serait mort d’épuisement à l’arrivée. Hérodote quant à lui affirme qu’un autre messager, lors de cette même bataille, est également décédé après avoir couru 240 km pour prévenir les Spartes du débarquement des Perses… L’histoire mythique de cette épreuve a donc débuté par deux morts. Et régulièrement, des coureurs décèdent dans les marathons. Mais ils sont en fait peu nombreux.

Les médecins du Massachusetts General Hospital ont étudié les accidents cardiaques subis par les marathoniens entre les années 2000 et 2010. Durant cette période, ils ont comptabilisé 42 décès durant la course ou une heure après. C’est assez faible puisque cela donne un ratio de 1 pour 259 000 personnes. Pour comparer avec le triathlon, il est de 1 pour 52 630. Comment expliquer ce faible taux de mortalité ? Tout simplement en raison de la présence sur place des secours en nombre, qui interviennent en général très rapidement et permettent ainsi de sauver la personne qui fait un accident cardiaque. Or on sait que le délai d’intervention est capital dans ce cas. C’est pourquoi paradoxalement on a plus de risque de décéder d’un arrêt cardiaque chez soi ou en faisant un jogging en forêt que sur un marathon. Toutefois, il apparaît que chez ces personnes décédées, il existait au préalable des problèmes de déficience cardiaque. Certains souffraient d’une perte d’élasticité du muscle cardiaque, de ce fait le cœur parvenait moins bien à pomper le sang de l’organisme. D’autres avaient de l’athérosclérose, c’est-à-dire des plaques graisseuses qui diminuent le flux sanguin. Ces pathologies peuvent s’avérer dramatiques lors d’un effort violent comme un marathon.

Des lésions non irréversibles

Mais au-delà des seules statistiques sur les accidents cardiaques et les décès sur les marathons, qui sont en général médiatisés, plusieurs études se sont attachées à décrire les simples effets du marathon sur le métabolisme. L’une des plus célèbres, réalisée lors du prestigieux marathon de Berlin, a été présentée au Congrès de la société européenne de cardiologie à Stockholm en 2010. Elle portait sur 167 coureurs volontaires âgés en moyenne de 50 ans. Les conclusions sont à la fois rassurantes mais doivent aussi alerter. En effet, cette étude montre que les marathoniens subissent durant l’épreuve de réelles modifications biologiques. Il s’agit principalement de perturbation des paramètres sanguins, d’une fatigue transitoire du cœur à la fin de l’épreuve et d’une augmentation de marqueurs de souffrance cardiaque à l’issue du marathon. Une autre étude, qui visait à faire une synthèse de tous les travaux existants sur les épreuves d’endurance, soulignait que la préparation pour un tel effort peut accroître le volume de certaines parties du cœur ou provoquer la production de molécules liées à la dégradation du cœur. Mais les chercheurs ont constaté, tout comme ceux qui ont analysé les marathoniens à Berlin, que ces modifications de l’organisme disparaissaient avec le temps lorsque l’on arrêtait ces efforts. Ainsi, durant le marathon, le cœur subit des dégâts mais ceux-ci ne sont pas irréversibles. Avec le repos, le cœur retrouve son apparence normale. En revanche, pour ceux qui poursuivent un entraînement poussé sur de longues années, les conséquences sont autres. On constate en effet des fibroses du myocarde, c’est-à-dire la réduction de l’élasticité du tissu musculaire du cœur, des artères…

Après, il s’agit de savoir quelles peuvent être les conséquences de ces modifications sur le long terme. Ces études montrent en tout cas que le marathon n’est pas une épreuve anodine et qu’il faut bien s’y préparer. À chaque fois, les médecins chercheurs précisent qu’il est indispensable lorsqu’on s’attelle à un marathon de prendre un certain nombre de précautions. Ainsi, pour les personnes de plus de 40 ans, il est indispensable de procéder au préalable à un test d’effort et d’effectuer un électrocardiogramme. Il convient ensuite de se préparer longuement en amont, d’éviter de fumer et le jour de la compétition, de bien s’hydrater. Mais pas en excès : le dernier mort au marathon de Londres était un jeune homme qui avait consommé de l’eau de manière excessive.

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