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Santé

La nécessité du silence pour la santé

La vie moderne nous a privés de silence. Or, notre organisme n’est pas configuré pour ce bruit ambiant qui s’avère extrêmement nuisible à la santé. Explications.

Un quotidien envahi par le bruit

Les scientifiques s’étaient jusqu’ici peu penchés sur le sujet. Le bruit n’était pas un sujet d’étude sauf pour les personnes qui vivaient à côté d’un aéroport ou d’une autoroute. Mais aujourd’hui, on est en train de prendre conscience que ce ne sont pas uniquement les personnes soumises au bruit en raison de leur lieu d’habitation ou bien de la nature de leur travail comme dans le BTP qui souffrent des conséquences de l’exposition au bruit. Tout le monde est confronté à un degré sonore bien au-dessus duquel l’organisme était habitué depuis l’origine de l’espèce. La vie moderne a fait monter « subitement » – à l’échelle de l’évolution – le niveau sonore, et cela a des conséquences extrêmement néfastes sur la santé.
Ainsi, une étude récente de l’Agence européenne de l’environnement attribue la mort de 10 000 personnes chaque année en Europe au bruit… Nous sommes en effet soumis durant la journée à un niveau sonore bien au-delà des 60 à 70 décibels qui constituent le seuil au-dessus duquel interviennent des perturbations intellectuelles et physiques de notre organisme.
Notre quotidien a été envahi par le bruit. Nous subissons infiniment plus d’agressions sonores que nos grands-parents. Cela commence par la sonnerie du réveil, l’activité des appareils électro-ménagers puis, dans la chronologie d’une journée, les transports, le bruit au travail qui s’est élevé avec l’apparition des « open spaces », les alertes et sonneries de nos téléphones… Puis à nouveau les transports, la radio, la télévision… Quand on compare avec la vie des anciens, on constate que le niveau de bruit sur une journée est parmi les choses qui ont le plus changé dans la physiologie humaine.

Liens entre bruit et maladie d’Alzheimer

Or, les découvertes récentes des neurosciences montrent que le silence est fondamental pour le bon fonctionnement de notre activité cérébrale. Ces instants durant lesquels notre cerveau n’est pas soumis au stress du bruit s’avèrent indispensables à sa régénération. Et c’est ce mécanisme de régénération, possible uniquement dans le silence, qui nous permet ensuite d’être productifs, créatifs, d’inventer, de résoudre des problèmes, de nous concentrer. Des moments également importants pour se construire en tant que personne. Du reste, dans les régimes totalitaires, on soumettait les prisonniers politiques à un bruit permanent pour leur faire perdre la raison.Le principe est le suivant : lorsque le cerveau est en pleine activité, il consomme du glucose qui va générer des déchets. Or, on s’est aperçu que ces déchets étaient davantage évacués lors des plages de calme. Si le cerveau ne dispose pas de moment de quiétude, alors il ne peut évacuer ces toxines. On a constaté par exemple que c’était l’un des problèmes de la maladie d’Alzheimer. Les sujets malades disposent en excès de ces protéines issues de l’activité cérébrale… Comme si elles éprouvaient de la difficulté à les évacuer.

Les enfants soumis au bruit apprennent moins bien

Une étude publiée en 2013 dans la revue « Brain, Structure and Function » a mesuré les effets du bruit et du silence sur l’activité cérébrale de souris. C’est ainsi que les scientifiques qui ont mené cette étude ont découvert que les souris qui avaient été soumises à deux heures de silence par jour voyaient se développer de nouvelles cellules dans leur hippocampe, cette zone du cerveau qui joue un rôle déterminant dans l’attention, la mémorisation spatiale, l’apprentissage… Enfin, pour compléter la démonstration, d’autres chercheurs ont analysé les conséquences du bruit sur l’apprentissage des enfants. Il y a ainsi eu cette étude réalisée par des scientifiques lors de la délocalisation de l’aéroport de Munich dans la revue Psychological Science. Cette étude a montré que les enfants déployaient des protections pour se protéger des sons extérieurs. Cela les amenait à ne plus réagir aux stimuli sonores extérieurs négatifs mais aussi… positifs comme la parole des professeurs. Si bien que ceux qui sont exposés au bruit de l’aéroport ainsi que tous les enfants dont les écoles sont proches d’une source de bruit importante comme une route à grand passage ont des résultats de lecture, d’apprentissage moindre que ceux qui sont dans des zones calmes. Le silence est plus que jamais d’or.

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